07/03/2012 03:32:08
Cyclisme. Tour du Cameroun 2012 : vers une course au rabais
C’est ce mercredi 7 mars 2012 que sera donné à Maroua, le premier coup de pédale de la 10ème édition du Tour cycliste international avec comme grosse surprise, l’absence du Burkina Faso. Au regard des couacs que cet événement a charrié pendant les années antérieures,  les amoureux de la Petite reine restent sceptiques quant à la portée et la crédibilité d’une telle compétition.
Le Messager
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Cyclisme cameroun

C’est ce mercredi 7 mars 2012 que sera donné à Maroua, le premier coup de pédale de la 10ème édition du Tour cycliste international avec comme grosse surprise, l’absence du Burkina Faso. Au regard des couacs que cet événement a charrié pendant les années antérieures,  les amoureux de la Petite reine restent sceptiques quant à la portée et la crédibilité d’une telle compétition.
 
1-L’Union cycliste international joue les policiers

Revoici le tour cycliste international. Revoici les Lions indomptables du vélo en selle. Après moult négociations entre la Fédération camerounaise de cyclisme et l’Union cycliste internationale (Uci) suite aux incidents survenus l’an dernier, François Ndjélé a,  contre vents et marées, réussi à convaincre l’instance faîtière du cyclisme mondial de lui accorder une seconde chance.  Celle de tordre le cou à cette organisation approximative et à la kyrielle d’imperfections qu’on a connue à la dernière édition (non paiement des primes des cyclistes, modification fantaisiste du trajet, crise d’intendance doublée d’un désordre sans précédent dans la tanière des Lions du cyclismes). Face à un tel amateurisme, l’Uci avait alors menacé de sortir le Tour Cycliste international de son calendrier de compétitions.

Pour cette édition 2012, l’on annonce une vingtaine de coureurs représentants trois équipes camerounaises pour un peloton estimé à près de 80 coureurs au total, quasiment la taille identique du peloton de la précédente édition. En dehors du Cameroun, cinq équipes du continent seront de la partie cette année : la Côte d'Ivoire, le Gabon, la République centrafricaine (Rca), le Congo et le Nigeria. Parmi les équipes européennes, la France avec ses deux équipes Cantal et Mil France.

La Suisse représentée par Meuble Descartes, la Slovaquie, l’Israël et Galilée Circle, une équipe asiatique invitée. Le pays hôte va aligner trois équipes : A, B et les juniors qui ont fait le tour du Cameroun pour des besoins d’acclimatation sous l'encadrement du directeur technique et entraîneur national Jean Philippe Duracka et de son adjoint, Thomas Siani. Après une préparation intense, ceux-ci rêvent de brandir le trophée au soir du 17 mars 2012. Mais comment réaliser un tel exploit avec l’éternel chapelet de dysfonctionnements que draine la Fédération camerounaise de cyclisme (Fécacyclisme)?
 
2-Le Burkina Faso boude la course

La plus grosse absence cette année est sans conteste celle du Burkina Faso. Privés de primes à l’édition 2011, les athlètes du pays des Hommes intègres ont préféré se rendre en Algérie, pour assister à une compétition semblable, qui se tiendra du 10 au 14 mars. Ousmane Compaoré et Oumarou Minougou, vainqueur de l’acte 9 ne seront donc pas de la partie. Un forfait que les membres de la Fécacyclisme semblent banaliser. D’ailleurs « ce n’est pas à nous de les forcer la main. Ils ont montré un intérêt plus grand pour une autre course. Nous ne pouvons que respecter cette décision. Le plus important c’est que nos coureurs améliorent leurs performances, prennent le dessus sur les pays étrangers et occupent une place de choix dans le classement final. Ce dans un esprit de patriotisme et de fair-play. C’est cela notre challenge», laisse entendre sous cape un membre du comité d’organisation.

Pourtant l’expérience des cinq dernières éditions a montré que la présence des coureurs Burkinabè a toujours apporté une coloration supplémentaire à l’événement. Ce d’autant plus que par leur puissance et leur endurance sur le peloton «ils animent le trajet, sème l’esprit de concurrence et servent d’exemple aux locaux qui sont le plus souvent vulnérables aux étapes de collines», confie Emile Claude Foumane, ancien cycliste camerounais. Le Rwanda, reconnu comme des spécialistes des épreuves d’endurance ne seront pas eux aussi de la partie cette année. Les raisons de cette absence restent encore non élucidées. Mais dans l’ensemble, l’absence de ces métronomes va certainement avoir une incidence considérable sur la course.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Yves Ngué Ngock et ses coéquipiers pourront peut-être profiter pour au moins imposer la loi du domicile à la Côte d'Ivoire, le Gabon, la République centrafricaine (Rca), au  Congo et au Nigeria. Un tour dans l’histoire nous révèle que la dernière fois que le Cameroun a occupé la première marche du podium remonte à l'édition 2008, aves Joseph Sanda, de la Snh vélo club. Rééditer l’exploit cette année constitue un véritable challenge pour les coureurs camerounais.

3-Mystère autour du budget

Si le comité d’organisation s’est beaucoup appesanti sur la participation des pays étrangers et la série d’innovations qu’il compte apporter aux amoureux de la Petite reine pour cette 10ème édition du Tour cycliste international (soit 9 étapes pour deux jours de repos à Bafoussam et Kribi), on a très peu parlé du budget alloué à cette course. Au sortir de la dernière réunion préparatoire il y a une semaine, le mystère restait entier autour du montant nécessaire à l’organisation de cette compétition.

Conséquence, les différentes commissions étaient obligées de préfinancer les missions avancées sur le terrain en attendant d’être remboursés une fois l’argent débloqué. Dans la foulée, on parlait d’environ 630 millions Fcfa attendus du gouvernement camerounais pour donner à cette compétition toute l’aura qui lui est dévolue. Une somme (astronomique) que certains membres de la Fécacyclisme jugeaient malgré tout insuffisante au regard de l’immensité des charges qui incombent au Comité d’organisation.

Outré par une telle exubérance dans les chiffres, le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Adoum Garoua avait séance tenante sommé François Ndjélé de revoir ce budget à la baisse car justifiait-il, «quoiqu’il s’agisse d’un événement de souveraineté, ce n’est pas un montant raisonnable. Bien plus, les caisses du ministère ne peuvent supporter un montant aussi colossal». Puis ce fût un silence radio entre les deux parties. Entre longue attente et crise de communication entre la fédération, le Minsep et les Hommes de médias, le comité s’est muré dans un silence des plus déconcertants.

Ce n’est que hier mardi 6 mars 2012, que le reporter du Messager a appris des sources proches de la Fédé que seule une partie du budget a été débloquée. A combien s’élevait cette avance ? Un autre mystère. Tout ce qu’on sait, c’est que le patron des sports a aussitôt désigné un adjoint au trésorier de la Fédération, un régisseur qui aura pour mission de contrôler toutes les dépenses relatives à la course. La délégation (officielle) a quitté Yaoundé au soir du lundi, 5 mars 2012 pour Maroua dans l’Extrême nord où le Tour commencera en circuit fermé cet après midi.

Christian TCHAPMI
 
 
Trajet du 10è Tour Cycliste International du Cameroun
Mercredi 7 mars : Maroua – Maroua
Jeudi 8 mars : Figuil – Garoua
Vendredi 9 mars : Mbé - Ngaoundéré
Samedi 10 mars : Journée de Repos à Bafoussam
Dimanche 11 mars : Bafoussam – Dschang – Bafoussam
Lundi 12 mars : Bafang – Mbanga
Mardi 13 mars : Limbe – Kumba
Mercredi 14 mars : Kumba – Douala
Jeudi 15 mars : Douala – Kribi
Vendredi 16 mars : Journée de repos à Kribi
Samedi 17 mars : Pouma – Yaoundé

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