12/03/2012 03:20:37
Retraite. Ces anciens Lions indomptables qui ne dsarment pas
Parfois réussie ou désastreuse, la retraite de certains footballeurs camerounais se passe généralement de tout commentaire. Si pour certains elle est assurée et dorée, d’autres joueurs ne sont pas tous armés pour anticiper correctement leur après-carrière. La plupart d’entre eux souhaite bien continuer à côtoyer la monde du ballon rond, en devenant entraîneur, sélectionneur, assistant voire consultant...
Le Messager
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Parfois réussie ou désastreuse, la retraite de certains footballeurs camerounais se passe généralement de tout commentaire. Si pour certains elle est assurée et dorée, d’autres joueurs ne sont pas tous armés pour anticiper correctement leur après-carrière. La plupart d’entre eux souhaite bien continuer à côtoyer la monde du ballon rond, en devenant entraîneur, sélectionneur, assistant voire consultant. Mais la majorité doit se contenter d’opter pour une carrière totalement différente ou tout au moins, de recommencer à zéro. Focus. 

1-Pierre Wome Nlend : retour à la case départ

On l’annonçait au Coton sport de Garoua. C’est finalement au Canon de Yaoundé qu’il a choisi de déposer ses valises. Choix du cœur et peut être celui de la raison puisqu’avant de devenir footballeur professionnel, l’ancien Lion indomptable a fait ses classes dans le Kpa Kum. Loin de la canicule du septentrion, Pierre Wome Nlend a plutôt jeté son dévolu sur l’ambiance nostalgique du club chéri de Nkolndongo. Il y a signé un contrat de quatre mois, sa licence est d’ores et déjà sortie. Retour donc aux sources de l’homme qui manqua le penalty le 8 octobre 2005, lors de l’ultime match qualificatif à la coupe du monde 2006 contre l’Egypte à Yaoundé.

Pierre WomeUn acte perçu par le public comme une haute trahison et qui lui valu son bannissement des Lions indomptables. Fin de carrière ?  Pas vraiment puisque Wome affirme n’avoir pas signé dans le Canon pour avoir de l’argent. Il va, apprend-on, jouer gratuitement en attendant de relancer sa carrière en Asie où des pistes sérieuses s’ouvrent à lui. Calomnié par certains de ses coéquipiers en équipe nationale, la nouvelle recrue pense avoir encore de beaux restes pour apporter un second souffle aux Mekok Me Ngonda.

Réputé pour sa puissante frappe de balle du pied gauche, Pierre Wome Nlend a été le tireur de penalty et de coups francs attitrés au sein de la sélection fanion. Il a notamment marqué des coups de pieds de réparation lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2002 à Lagos contre le Nigeria et pendant la finale des Jeux Olympiques en 2000, où il transforma le penalty qui a offert au Cameroun, sa première médaille d’Or olympique. Mais son attitude de contestataire ne lui a pas permis de faire carrière en équipe nationale à la hauteur de son talent. Puisque après l’épisode de revendications de primes à Paris lors de l’escale pour la Coupe du monde Corée-Japon 2002, où il était le leader de la revendication des joueurs, il a été écarté de la tanière pendant environ trois ans. Avant de revenir lors de la campagne qualificative pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde 2006. Il y a quatorze mois il avait signé un contrat avec le Fc Cologne. Le Canon de Yaoundé a versé la somme de 100.000 Fcfa à la Fécafoot pour qu’elle entreprenne les démarche auprès du club allemand afin que le certificat international de transfert (CIT) de Womé revienne.

2-Geremi Njitap au chevet des footballeurs camerounais

En 2011, on l’a vu s’entraîner au Centre technique de la Fécafoot à Odza, avec les joueurs de Renaissance de Ngoumou. L’ancien sociétaire de Racing de Bafoussam qui s’était refusé tout contact avec les hommes de médias avait  déclaré comme son ancien coéquipier et ami Pierre Wome Nlend que cet exercice n’avait pour but que de garder la forme avant de rebondir dans un club professionnel.

En attendant de trouver un pied à terre, après la résiliation à l’amiable du contrat qui le liait au club Grec de Larissa, l’ancien milieu de terrain du Réal de Madrid n’avait eu d’autre choix que de retourner au bercail aux fins de se ressourcer. Sur le choix de Renaissance de Ngoumou, des informations recueillies auprès des proches du joueur faisaient état de ce que c’est Landry Nguemo qui aurait conseillé Njitap de travailler avec Richard Towa (technicien formé en Allemagne) qui a des méthodes professionnelles d’entraînement. Mais ce travail physique n’a duré que le temps d’un battement de cils puisqu’on apprendra quelques mois plus tard que Gérémi Njitap est désormais le conseiller spécial auprès de David Mayebi, le président du Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc).

L’ancien joueur des Blues de Chelsea, devra ainsi, selon les responsables du Synafoc, apporter de son expérience pour la défense des droits des footballeurs camerounais. Une retraite visiblement bien assurée au lendemain de la Coupe du monde foireuse en Afrique du Sud où sa carrière internationale avec les Lions Indomptables a pris fin.

3- Bill Tchato : Gabon comme pays d’adoption

Son palmarès n’est pas aussi élogieux que celui de Gérémi. Mais Bill Tchato a laissé ses marques dans les plus belles pages de la sélection nationale. Au chômage depuis la rétrogradation du Racing Club de Strasbourg en Cfa 2 de France, l’ancien champion d’Afrique (37 ans) s’est engagé en 2011 pour trois mois au Fc Sapins, club de D1 au Gabon en espérant que les accords entrepris avec certains clubs Qatari lors du mercato hivernal aboutiraient. Mais la piste de l’Emirat Arabe est fatalement tombée à l’eau. Bill Tchato est resté au Gabon, faute de mieux. Son talent naissant lui avait pourtant permis d’intégrer le centre de formation du Stade Malherbe Caen en 1991.

En Normandie, il gravit les échelons dans les catégories jeunes et devient professionnel lors de la saison 1995/1996 mais décide de rejoindre Valence en 1996, en Ligue 2, où il effectue deux saisons pleines avec son club. Ces performances lui permettent d'être recruté par Nice en 1998. Cette année là, pendant le Mondial français, il est présélectionné pour la première fois en équipe nationale du Cameroun par Claude Leroy. Après deux années passées comme titulaire au poste de latéral gauche, il migre à Montpellier, en Ligue 2 à cette époque. Rayonnant sur son flanc gauche, il va contribuer à la remontée du club en Ligue 1 en 2001. Il reste titulaire au sein de l'équipe montpelliéraine jusqu'à son transfert vers le club allemand de Kaiserslautern en janvier 2003. Quand Pierre Womé Nlend est écarté des Lions à la veille de la Coupe des Confédérations en 2003, c’est avec l’étiquette de titulaire que Bill Tchato participe à cette compétition.

4-Jean Claude Pagal : du foot à l’humanitaire

Pendant les années de gloire des Lions indomptables, on le surnommait le défenseur aux rastas. Sa fougue, sa hardiesse et son esprit bagarreur avait fait de lui un élément incontournable dans le dispositif tactique du technicien français Philippe Redon. Né au Cameroun le 15 septembre 1964, Jean-Claude Pagal a toujours été considéré par ses parents, résidant en France, comme ce « fils de boss » voué à un avenir plus prometteur sur les bancs de l'école, plutôt que proche des terrains de football. C'est en France que sa jeune carrière démarre en trombe. Jcp comme on l’appelle affectueusement, fait ses premiers pas au Paris Université club (Puc) dans la catégorie des minimes.

Puis dépose ses valises au Rc Lens en 1981. Mais ce n'est qu'en 1983 qu’il fait son baptême du feu en première division avec le club lensois, lors d'une rencontre opposant son équipe au Paris Saint-Germain (Psg). Il passe environ neuf ans au sein de cette équipe pour laquelle il va porter 140 fois le maillot et inscrit cinq buts au passage. L'histoire d'amour avec le RC Lens durera longtemps mais ne portera pas de fruits au chapitre des titres. Rien dans la besace, si ce n'est une finale de coupe Gambardella en 1983. Grâce au concours de Roger Milla et de Cyrille Makanaky il parvient à arborer les couleurs de l'équipe nationale fanion. Le nouveau Lion indomptable passe la bague au bout du doigt de l'équipe nationale à la faveur de la Coupe du monde Italie 90, où ses coéquipiers et lui marquent d’une pierre blanche le football mondial, comme étant la toute première nation africaine à atteindre le stade des quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions de football.

L'euphorie avec les Lions continue jusqu'en 1992 à la Coupe d'Afrique des nations au Sénégal, mais s'estompe aux portes du Mondial 94 quand le sociétaire de Martigues apprend six mois avant le voyage pour les Etats-Unis qu'il ne prendra pas part à la compétition. La page du Cameroun se referme totalement en 1998, lorsqu'il n'est pas rappelé pour le Mondial 98, pendant qu'il évoluait sous les couleurs de Carlistz United en Angleterre. Vient ensuite le tour d’horizon des championnats de certains pays tels que le Chine, Malte au début des années 2000, avant de rentrer plus tard dans son Cameroun natal où il s'installe définitivement. En 2011, il va voler au secours d’As Lausanne d’Anguissa, lanterne rouge au classement national en acceptant le poste de manager général. Aujourd'hui, l'ancienne gloire de 48 ans s'est reconverti dans l'humanitaire. Il a d’ailleurs créé une Ong dénommée Ha (humanité en action), donc le but est d'aider les personnes nécessiteuses.

5-Patrice Abanda Etong : au secours des personnes retraitées

C’est un nom qui rappelle avec beaucoup de nostalgie la génération dorée de 2000 à Sydney. Un défenseur comme on en trouve presque plus dans nos équipes nationales. Puissant, généreux dans l’effort, rassembleur et combattif, Patrice Abanda fût l’une des pièces maîtresses du sacre des poulains de Jean Paul Akono et Martin Ndtoungou Mpilè lors des jeux olympiques de Sydney. Ancien sociétaire du Sparta de Prague, il a disputé dans l’intégralité, les six matchs du tournoi. Une performance (irréprochable) qui lui a permis d’inscrire son nom dans les anales de cette compétition. Après la belle aventure de Sydney, il dépose ses valises en Grèce, puis en République Tchèque où il est fortement sollicité par de nombreux clubs. Mais lors d’une visite médicale au Dynamo Kiev, un problème au foie (hépatite) est détecté chez le jeune Lion. Il décide donc de mettre un terme à sa carrière en décembre 2005. De retour au pays, il se soigne et travaille à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). En 2010, il tente un comeback au Coton sport de Garoua mais le poids de l’âge et sa longue période d’inactivité ont finalement eu raison de lui.

6- Bernard Tchoutang : entre business et management sportif

On l’a pratiquement perdu de vue depuis les années 2000. Il est revenu quelques fois au Cameroun pour régler certaines affaires relatives à son nouveau dada et rentrer en contact avec des partenaires pour un vaste projet de management sportif en gestation. Si beaucoup estiment que d’épais nuages pèsent sur la reconversion de l’ancien Lion indomptables, d’autres pensent que l’univers du business qu’il a embrassé lui a réussi. En tant qu’attaquant, Tchoutang fut international camerounais à 23 reprises (1997à 2001) pour cinq buts inscrits. Il remporte la Can 2000, avec le Cameroun. Il participe à la Coupe des Confédérations au Japon et en Corée du Sud, mais ne joue pas contre le Brésil Titulaire contre le Canada, il inscrit un but à la 48e du match gagné 2 buts à 0 quoique le Cameroun soit éliminé au premier tour.

7-Alphonse Tchami : pour que brille le Flambeau de l’Ouest

C’est un véritable globe-trotter puisque l’amour du football a promené sa massive silhouette sur plusieurs terrains de la planète, de l'Europe aux Amériques en passant par l'Asie, le Moyen-Orient. Attaquant virevoltant des Lions indomptables dans les années 90, Alphonse Tchami quitte les aires de jeu en tant que footballeur actif, en juillet 2006 pour se lancer dans des projets sociaux et les affaires. Une reconversion qui semble lui réussir bien que ses détracteurs parlent d’une retraite désastreuse due à une mauvaise planification. Depuis le 1er septembre 2010, il est le premier vice-président de l'Unisport du Haut-Nkam, le club qui l'a vu éclore aux côtés des coéquipiers au talent irréprochable tels que les défenseurs Tonye et Emadeu, les milieux de terrain Samuel Inogue et Ngando, ou l'attaquant Nana.

Réalisé par Christian TCHAPMI


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