29/03/2012 03:06:16
JO 2012.Lionnes indomptables attendent dsesprment stage
Pourtant qualifiées depuis le 22 octobre 2011 pour le rendez-vous londonien, les pouliches d’Enow Ngatchu n’ont toujours pas rejoint la  tanière. A moins trois mois de la compétition, celles-ci se contentent des (petits) matchs de championnat national pour garder la forme ; faute de mieux.
Le Messager
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Pourtant qualifiées depuis le 22 octobre 2011 pour le rendez-vous londonien, les pouliches d’Enow Ngatchu n’ont toujours pas rejoint la  tanière. A moins trois mois de la compétition, celles-ci se contentent des (petits) matchs de championnat national pour garder la forme ; faute de mieux.

Cela n’a rien d’une plaisanterie. La meilleure équipe africaine de football féminin 2011 n’est toujours pas rentrée en stage. Pourtant, c’est au prix d’énormes sacrifices du staff technique complété par les efforts surhumains des joueuses que les coéquipières de Ngono Mani ont obtenu leur ticket pour les Jeux olympiques qui auront lieu à Londres du 27 juillet au 12 août 2012. Pendant que tous leurs homologues africains qui se sont qualifiés ont déjà le cœur à l’ouvrage à travers des regroupements et des stages de préparation au pays et à l’étranger, les Lionnes indomptables, elles, continuent d’attendre que la date du stage leur soit (enfin) communiquée.

Mais l’attente se fait longue et on s’achemine inéluctablement vers le jour-j. A qui la faute ? Joint au téléphone hier mercredi 28 mars 2012, l’entraîneur sélectionneur de  l’équipe nationale féminine confie avoir pourtant déposé un programme d’activités auprès de la Direction technique nationale (Dtn) depuis l’année dernière. En plus du chronogramme, ledit programme, explique Enow Ngatchu, détaillait clairement les différentes articulations de la préparation des héroïnes de Maputo aux J.o (dates, périodes et objectifs recherché). Mais depuis, plus rien.

Au regard de la situation embarrassante que vivent aujourd’hui les Lionnes, tout porte à croire que le dossier a purement et simplement été rangé aux oubliettes. La Dtn qui devait, après étude et observations, acheminer le document à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) pour recevoir son onction, n’a jusqu’ici pas encore donné de suite logique au patron du banc de touche de l’équipe féminine.

Résultat, « c’est dans l’expectative et le dénuement total que les filles continuent de se préparer, chacune dans le club qui l’engage. Question de garder la forme. Certaines ont même contracté des blessures et ont été dans l’impossibilité de suivre des soins », confie sous cape un proche du staff technique.

Tensions de trésorerie

Au ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep), dont l’équipe nationale en est la propriété, on brandit comme argument les tensions trésorières qui mettent à mal le suivi du calendrier au niveau de la tutelle avec pour incidence directe la non participation du Cameroun aux compétitions internationales. Certains responsables de la Direction du développement des sports de haut niveau en veulent pour preuve, les forfaits en cascade des athlètes pourtant qualifiés à plusieurs compétitions à l’étranger depuis le début de l’année. Suffisant pour justifier cet abandon des dignes ambassadrices du Cameroun ?

Pour l’heure, « nous attendons que notre tutelle nous donne le ok pour que nous convoquions les filles et rentrions en stage. Même si cela arrive à deux jours des J.o, nous le ferons » lance d’une voix dépité, Enow Ngatchu. Malmenées et abandonnées par les pouvoirs publics, les Lionnes indomptables qui ont connu en 2011 une année faste, sur le plan sportif, avec la médaille d’or remportée aux Jeux africains de Maputo, le 17 septembre et la qualification pour ces J.o, obtenue face au Nigeria, en octobre 2011 à Yaoundé parviendront-elles à illuminer de toute leur classe, le tournoi de football féminin des J.o de Londres ? Là est toute la question.

Focal. Des femmes sans soutien !

C’est peu de dire que l’équipe nationale de football féminin du Cameroun est maudite. Les multiples mésaventures qui ont émaillé la campagne qualificative des pouliches d’Enow Ngatchu pour ces J.o ou encore les lendemains douloureux des Jeux africains de Maputo nous donne finalement raison. On a encore en mémoire le coup de colère de Madeleine Michèle Ngono Mani le 25 octobre 2011 au sortir d’une cérémonie de félicitations conviée par le ministre des sports et de l’éducation physique de l’époque, Michel Zoah. La capitaine des Lionnes avait dans un discours taxé de rebelle, jeté un pavé dans la mare des éternelles revendications de ses coéquipières. « J’invite les dirigeants à faire mieux. Si c’est comme ça qu’on nous traite, qu’ils ne viennent plus prochainement faire des promesses pareilles. Qu’ils restent chez eux ! Nous savons que nous jouons pour nous, nous nous faisons plaisir. Nous jouons pour rien. Faire mieux, c’est nous encourager, c’est nous payer des primes à la hauteur des prestations, au lieu de se moquer de nous. Nous remportons un match contre l’équipe du Nigeria pour nous qualifier aux Jeux olympiques et ça ne dit rien aux gens ? », Avait-elle déclaré, indignée qu’une plus significative reconnaissance n’ait suivie  la performance réalisée trois jours plus tôt (victoire sur le Nigeria).

Pour avoir osé décrier cette attitude abaissante des pouvoirs publics, Ngono Mani avait essuyé à son tour l’ire du maître des Céans qui avait qualifié sa franchise de discours de contestataire. En fait comme cela à toujours été le cas lorsqu'il s'agit de la sélection nationale de football féminin, les moyens ont toujours fait défaut. C’est à croire que le nerf de la guerre n’est bon qu’entre les mains de l’équipe nationale masculine qu’on traite comme un enfant gâté. Bref, l'absence du précieux sésame est à l'origine de la crise de nerfs qu'ont les joueuses. Que dire de l’'eau, du matériel de travail ou encore de la prise en charge ! Quelle honte !

Christian TCHAPMI


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