30/03/2012 06:12:52
Football Pro. Les premiers coups de feu du gnral Pierre Semengue
Pierre Semengue fait le ménage. A peine le tout nouveau championnat national de ligue professionnelle de football a-t-il démarré que les têtes tombent déjà. Le président de cette instance vient de se séparer de cinq de ses proches collaborateurs. Il leur reproche entre autres l’incompétence, les tentatives de détournements et l’usage de faux.
Le Messager
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Pierre Semengue fait le ménage. A peine le tout nouveau championnat national de ligue professionnelle de football a-t-il démarré que les têtes tombent déjà. Le président de cette instance vient de se séparer de cinq de ses proches collaborateurs. Il leur reproche entre autres l’incompétence, les tentatives de détournements et l’usage de faux.

A sa prise de commandement le 23 août 2012, il avait pourtant prévenu ses collaborateurs sur la mission de la Ligue et les prérogatives auxquelles ceux-ci étaient astreints : « pour la nouvelle ère qui s’annonce, je vais instaurer la transparence et la discipline. Je mettrais toute mon énergie pour que la traçabilité des fonds soit claire. Seul gage qui pourra nous rendre crédible auprès des entreprises, de l’Etat et attirer à nouveau les spectateurs vers les stades », arguait-il. Le message du général d’armée est-il resté lettre morte ? Peut être.

Piqué au vif par l’attitude « prévaricatrice » de certains de ses hauts cadres avec qui il a signé un engagement à l’essai de 9 mois, le général d’armée à la retraite n’a pas perdu de temps avant de dégainer son arme. Sans doute craignait-il que le « cancer » se répande au point de tuer tout l’organe. Résultat des courses, cinq têtes sont tombées au soir du mercredi 28 mars 2012. Les victimes ont pour nom : Martial Ebodé, le chef de département communication, Christian Mbarga des affaires sportives, Stéphane Eba de la cellule juridique, Gérard Ndjanga du département marketing et Roméo Lado des affaires financières. Cinq têtes pensantes qui sautent du navire après seulement dix journées du championnat national Mtn Elite One. Pour quelles raisons ?

La décision de « limogeage » contenue dans un document portant la mention « essai non concluant » a été servie aux concernés qui sont également accusés d’« atteinte grave » à l’éthique et à la déontologie. Les licenciés, apprend-on, auraient tenté de détourner l’argent de la Ligue, à travers de faux documents et autres ordres de mission qu’ils avaient commis l’indélicatesse de produire sans avis favorable du président de la Lfp. S’étant rendu compte de cette forfaiture, Pierre Semengue a donc saisi la commission d’éthique qui a aussitôt recommandé des poursuites judiciaires contre les mis en cause. Parmi ces personnes sanctionnées, le cas de Martial Ebodé reste paradoxal. Il est reproché à cet expert consultant en communication, son incapacité à diriger de manière efficace, transparente et efficiente le secteur dont-il avait jusque là la charge. En fait, « le général a remarqué que dans le traitement des informations relatives à l’évolution du championnat de la Ligue par les médias, il n’y avait pas ce boom qu’il attendait notamment à travers le site web et l’actualisation des informations, l’établissement et la mise à la disposition du calendrier aux journalistes... », explique sous cape une source au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep).

Accusations mensongères

Pourtant c’est par les soins de cet Ebodè que le logotype actuel ainsi que la musique officielle de la Ligue ont été créés. C’est encore lui qui a mené jusqu'à bon port le contrat avec la Cameroon radio and television (Crtv). Lequel permet que le championnat Mtn Elite 1 soit diffusé aujourd’hui sur les antennes de la Crtv. Il a par ailleurs monté  le cadre de collaboration avec les régies publicitaires, qui a débouché sur la convention avec Spectrum Agency. Tout comme il a monté la stratégie pour faire revenir le public dans les stades. Avec autant de faits d’armes, on comprend mal qu’il soit aujourd’hui taxé d’incompétent.  A Christian Mbarga, on condamne son laxisme et son immobilisme dans la gestion des affaires sportives qui seraient, de l’avis de Pierre Semengue restées jusqu’ici stagnantes. Un manque de diligence et une absence de résultats qui lui ont inéluctablement coûté son poste. Quant à Roméo Lado, « on lui reproche son implication dans la production des faux ordres de missions et la supposée recherche de financements qu’il aurait ourdi dans le but de faire rentrer des sous non dans les caisses de la Lfp mais à son compte et à ceux de ses affidés », témoigne notre source.

Joint au téléphone par nos soins hier jeudi 29 mars 2012, certains de ces désormais ex membres de la Ligue rejettent en bloc les accusations (mensongères) qui sont portées contre eux. S’appuyant sur la fameuse boutade qui laisse entendre que « qui veut tuer son chien l’accuse de rage », certaines victimes expliquent que sentant que le galop d’essai de ce nouveau championnat avait progressivement pris corps, le général a choisi de les vomir comme des malpropres. A preuve, « le public est témoin des efforts et des sacrifices que nous avons consenti pour donner vie à ce projet dont beaucoup n’y croyaient pas du tout au début. S’il faut qu’aujourd’hui on nous colle de fausses accusations de ce genre, je crois que c’est ingrat et vraiment regrettable », regrette l’un des licenciés qui ajoute, qu’il n’a rien à se reprocher.

Organisation interne opaque

Approché hier soir, L’ex patron de la communication de la Lfp préfère rester professionnel en évitant de commenter une décision de licenciement alors que cette démarche est proscrite par le Code de travail. « N’attendez pas de moi que j’aille claironner dans les médias ou apporter un démenti brûlant à cette décision. Ce que je souhaite c’est de prendre le public à témoin pour qu’il me juge sur le travail que j’ai abattu jusqu’ici. Ce n’est pas une guerre entre nous les licenciés et la Lfp. En cinq mois nous estimons avoir fait nos preuves. Le reste ne nous concerne plus », déclare Martial Ebodè. Avec ce limogeage en bloc, quel avenir donc pour la Lfp ? Surtout en ce moment où elle fait face à de sérieuses difficultés. Avec le départ de ces têtes de proues, ne s’achemine-t-on pas vers une absence de financements, une organisation interne opaque, une mauvaise planification de la politique de recherche de sponsoring et un refus des présidents de clubs de fournir un cahier de charge dûment dressé ? Sur les sept membres qu’on a recrutés le 1er novembre 2011, deux avaient déjà claqué la porte après le match d’ouverture de saison le 15 janvier 2012. Aujourd’hui que cinq autres viennent d’être remerciés on se demande bien ce que cache ce feuilleton. A suivre...

Christian TCHAPMI


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