19/04/2012 04:23:44
Fcafoot :Les anciens Lions veulent leur part de gteau
Un comité créé pour renverser l’équipe de la fédération a lancé ses activités hier à Yaoundé. Mieux qu’un ultimatum, c’est une déclaration de guerre que Roger Milla et les membres du Comité citoyen pour le redressement du football camerounais lancent à l’équipe dirigeante de la Fécafoot.
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Roger Milla

Un comité créé pour renverser l’équipe de la fédération a lancé ses activités hier à Yaoundé. Mieux qu’un ultimatum, c’est une déclaration de guerre que Roger Milla et les membres du Comité citoyen pour le redressement du football camerounais lancent à l’équipe dirigeante de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot).

La déclaration qui sanctionne les travaux que le Comité a menés hier à l’hôtel Jouvence de Yaoundé, exige «le départ immédiat et sans conditions de l’équipe dirigeante actuelle de la Fécafoot». Le comité qui comprend d’anciens Lions indomptables et simples joueurs tels Roger Milla, Emmanuel Mvé, Massing, Mbep, Louis Marie Ondoa, Ama Pierre, des activistes tels l’artiste Valséro, l’écrivain Ateba Eyene, des journalistes, des fans du football, des supporters des Lions indomptables,… attribue la responsabilité de la décrépitude du football camerounais à l’équipe du président Iya Mohammed : la dégringolade de la 9ème à la 64ème place au classement Fifa, de la première à la 15ème place africaine du même classement, la « déshonorante 31ème place sur 32 au mondial 2010, a traversée du désert des clubs camerounais aux coupes africaines, la gestion opaque du football camerounais, les scandales à répétitions qui émaillent le quotidien du ballon rond au pays du joueur africain du siècle,...»

Pour commencer, le Comité veut la réintégration immédiate et sans conditions au sein des Lions indomptables des capitaines Samuel Eto’o, Enow Eyong et des joueurs injustement bannis, le recrutement d’un entraîneur de renom pour les Lions indomptables, la mise en place urgente d’un dispositif permettant l’organisation des élections anticipées et transparentes à la Fécafoot, afin de doter le Cameroun de responsables fédéraux compétents.

D’aucuns y voient la main cachée de Samuel Eto’o. Faux, rétorque Roger Milla. «Nous n'avons besoin de personne pour mettre sur pied notre comité. Nous connaissons tous le problème du football camerounais», réfute-t-il. C’est vrai que «la mise à l’écart d’Eto’o est le point culminant de cette crise, car il a été puni de manière injuste et il va compromettre sa carrière internationale. Il gagne un milliard deux cent mille par mois ; on l’a sali pour une affaire de 500 mille», explique le premier capitaine des Lions indomptables. Aussi, «il a posé un acte que nous n’avons pas commis en notre temps, mais nous avons été victimes de ceux qui s’enrichissent sur le dos des joueurs, mais le Cameroun a encore besoin de Samuel Eto’o qui est d’ailleurs le capitaine, le porte-parole des joueurs et nous ne pouvons pas tolérer cela», ajoute-t-il.

Rien n’est dit clairement sur les méthodes envisagées contre la bande à Iya. «Le Comité citoyen s’engage de manière ferme et résolue, à mener toutes les actions nécessaires, en toute responsabilité pour sensibiliser les décideurs de notre pays à la nécessité de prendre toutes les mesures salutaires au redressement du football camerounais», indique la Déclaration. Beaucoup d’autres se sont ligués contre le pouvoir de Tsinga, en vain. C’est que «les textes organiques de la Fécafoot ont été viciés à souhait, afin de maintenir en place Ad eternam, les dirigeants actuels de la Fécafoot», souligne-on. Le Pr Nkou Mvondo l’a appris à ses dépens en 2009, lorsqu’il tenta de se présenter aux élections, puis un bras de fer contre le système. Avant lui, Joseph Antoine Bell et bien d’autres.

La rue en dernier recours ( ?)

Désormais, il est question d’une attaque simultanée et coordonnée, en faisant fi du parapluie de la Fifa. «La Fifa n’appartient à personne. La Fifa est là pour le football, et le président Blatter lui-même a dit : le football aux footballeurs. Je suis à la Fifa et je discute avec le président de la Fifa tous les jours. Lorsqu’il y a malversation, la Fifa elle-même est prête à dissoudre cette fédération». En clair, «c’est une fausse menace, pour faire croire au gouvernement camerounais que la Fifa est plus forte que le gouvernement camerounais».

D’ailleurs, «la preuve est que la Fifa est en train de discuter avec la Gambie qui a dit qu’elle ne veut plus de sa fédération».

Avant de recadrer : «nous ne voulons pas en arriver là ; c’est pour cela que j’ai dit au président de la Fécafoot depuis l’année dernière, qu’il n’est peut-être pas un mauvais président, mais il a un entourage qui est mauvais ; il ne m’a pas compris, et je pense qu’il a voulu couvrir ses camarades. Aujourd’hui, la situation est grave et on ne peut plus reculer».

Pour Roger Milla, «il faut que le président Iya comprenne qu’il y a quand même des gens qui ont joué au football  dans ce pays et qui méritent de rentrer dans cette fédération pour apporter un plus». Kalusha Bwalya a fait rêver les membres du Comité.

Mais conscients de la difficulté de la tâche à abattre, on pense à tous les moyens. «Dans les pays démocratiques et sérieux, c’est la rue, c’est le peuple qui dicte la loi», lance Ateba Eyene. Ce n’est peut-être pas un appel à l’insurrection, apprend-on. Mais «on prend les décisions selon la volonté de ceux qu’on gouverne», précise-t-il. Il y a quelques mois, Milla avait déjà menacé d'appeler le peuple à descendre dans la rue.

Lindovi Ndjio


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