27/04/2012 00:29:36
Devoir de mmoire. Un prix Marc Vivien Fo en France
Prix Marc Vivien Foé : la reconnaissance qui vient d’ailleurs
Le Messager
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Marc Vivien Foé

Stade Gerland de Lyon. La demi-finale de la Coupe des confédérations met aux prises le Cameroun à la Colombie. Alors qu’on joue la 72e minute, Marc Vivien Foé s’écroule, les yeux révulsés. Transporté inanimé à l'hôpital, il décède au bout de 30 minutes. Une autopsie conclut à une mort naturelle, avec pour origine, une crise cardiaque consécutive à une hypertrophie du cœur . Le « Lyon » est mort ; sa mémoire aussi. Si depuis cette disparition brutale certains amis et fans du joueur s’efforcent à honorer sa mémoire ; le gouvernement camerounais qui traîne la réputation de tueur de ses martyrs, reste de marbre.

1-Prix Marc Vivien Foé : la reconnaissance qui vient d’ailleurs

Respect au disparu ! Le prix Marc-Vivien Foé 2011 du meilleur footballeur africain de Ligue 1 parrainé par Radio France international (Rfi) et France 24, sera remis le 14 mai prochain. Ce trophée est non seulement un hommage rendu à l'international camerounais décédé en 2003, mais aussi à tous les meilleurs footballeurs africains qui foulent ou ont foulé les pelouses de Ligue 1. L'an dernier, l’heureux élu n’était autre que l’attaquant ivoirien Gervais Yao Kouassi allias Gervinho alors sociétaire de Lilles.

Cette saison, honneur au leader, Montpellier, qui compte pas moins de trois représentants parmi lesquels l’international camerounais Henri Bedimo. Vient ensuite l'Olympique de Marseille qui malgré sa mauvaise saison héberge deux prétendants à ce titre dans ses rangs. De l’avis de certains observateurs, le défenseur des Lions indomptables Nicolas Nkoulou est bien parti pour être honoré. Mais il devra avant, devancer son coéquipier, André Ayew et son compatriote Aurélien Chedjou (Lille), tous deux, auteur d’un début de saison explosif. Le jury, composé d'un panel de journalistes triés sur le volet est à pied d’œuvre depuis un mois. Rfi et France 24 ne sont pas les seuls à saluer la mémoire de ce héros que fût Marc Vivien Foé. 

Au lendemain de la mort tragique de l’ancien lyonnais, ses anciens coéquipiers et  entraîneurs des clubs où le joueur est passé ont décidé de perpétuer sa mémoire. Entre autres, Manchester City qui a retiré son numéro 23 ; Lyon ainsi que le Racing Club de Lens, eux, ont retiré le numéro 17 de leurs effectifs respectifs. Quelques années plus tard, l’OL a décidé de sortir l’emblématique numéro 17 au bénéfice de Jean II Makoun, qui venait de signer pour quatre ans. D'autres hommages incluent le baptême d'une partie du stade City of Manchester Stadium à son nom. Au Stade Felix-Bollaert de Lens, une avenue porte le nom Foé, et un mur peint le représente lui et l'Afrique. Sur cette œuvre d’art on peut lire : « Un lion ne meurt jamais, il dort ».

2- Complexe multisports de Nkomo-Okui : un chantier en ruines

Au Cameroun, c’est à peine si le nom de Marc Vivien Foé renvoie à quelque chose. Sinon ce triste 23 juin où le « géant » s’est écroulé au Stade Gerland. Dans les grandes villes du pays où on attendait de voir érigé au moins une stèle en la mémoire du milieu de terrain des Lions, rien n’a été fait. La construction d'un complexe multisport à Nkomo-Okui qu'avait entreprise le joueur n'a toujours pas été achevée. Les travaux ont été interrompus au lendemain de son décès. Aujourd’hui, la broussaille a envahit les alentours de ce que le footballeur rêvait d’en faire un vaste espace dédié à la pratique de plusieurs disciplines sportives. Le club deux zéro de Nkolmeyang qui s’était engagé à assurer la propreté ici a fini par céder au découragement. « Ils se sont rendus compte que personne ne les soutenait ou les accompagner dans cette tâche ardue et ont décidé de baisser les bras », explique dans un français approximatif un natif de Biteng.

A l’entrée de ce qui s’appelle gracieusement aujourd’hui « Chapelle Saint Marc », l’imposante statue de celui qu’on appelait affectueusement « Marco » a subi les affres du temps. Difficile donc pour le visiteur de distinguer les différentes couleurs du maillot de l’équipe nationale qu’arborait fièrement l’illustre disparu. Au beau milieu de la cour, le Mausolée où repose le Lion est recouvert de marbre qui commence à se fissurer. Un caveau cerné par une barrière en fils barbelés qui attend toujours la clôture tel que conçu. Destin pareil pour les fleurs qui entourent l’édifice. Faute d’entretien, elles ont toutes fanées. Le seul endroit qui semble résister aux aléas du temps reste la partie superficielle de la tombe où est gravée l’inscription : « parvenu à la perfection en peu de temps, il a atteint la plénitude d’une longue vie » tiré du livre de la sagesse au chapitre 4 verset 13.

3- Le gouvernement joue à l’aveugle

Ledit complexe lui-même comprend trois compartiments : le sous-sol, le premier niveau et l’estrade. La porte-arrière de l’édifice s’ouvre sur une douzaine de pièces qui devaient, apprend-on, abriter les bureaux dudit complexe. Mais après le décès de Marco, « ces pièces servent désormais de chambres à coucher à ses nièces et ses neveux qui n’ont pas voulu offrir l’édifice à la merci des intempéries», commente Elyna, jeune élève et proche de la famille Foé. Les murs ici sont défraîchis ; la moisissure y a fait son nid comme sur les escaliers. Les eaux de pluies ont fini par former des flaques d’eaux sur le sol. Au premier étage, la décrépitude est plus perceptible. Là, se trouvent deux fosses polies sous forme de cuves. En fait, confie un ami du défunt, « Il était prévu ici la construction de deux piscines. Un grand et un petit bassin ». En plus des piscines, le bâtiment, apprend-on, devait abriter le bureau du directeur du complexe, un secrétariat et une demi-dizaine de salles consacrées à la musculation et aux soins esthétiques. Les perches en acier qui soutiennent le toit de l’édifice servent désormais de séchoir aux locataires.

A l’extérieur du complexe, Marco avait prévu la construction d’ un terrain de tennis, un stade de football et une piste d’athlétisme. L’espace, aujourd’hui sert de terrain de foot aux jeunes du quartier. Interrogés au sujet de l’avenir de ce complexe abandonné par l’Etat et les bonnes volontés, des proches de la famille du défunt sont sans réponses. Pendant ce temps, le gouvernement joue à l’aveugle. Jusqu’à quand ?

Christian TCHAPMI

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