11/05/2012 02:46:01
Classement Fifa. Le football camerounais, la chute des Lions et la guerre des comits
Pas de grand changement dans l’édition du mois de mai du classement mondial Fifa, publié mercredi 9 mai 2012. La Côte d'Ivoire, qui domine toujours le continent africain, reste au 15è rang au plan mondial. Statu quo pour le Cameroun, toujours schotché 64e rang. Pendant ce temps au pays, c’est la guerre des tranchées entre pro et anti Iya Mohamed .
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Lions indomptables

Pas de grand changement dans l’édition du mois de mai du classement mondial Fifa, publié mercredi 9 mai 2012. La Côte d'Ivoire, qui domine toujours le continent africain, reste au 15è rang au plan mondial. Statu quo pour le Cameroun, toujours schotché 64e rang. Pendant ce temps au pays, c’est la guerre des tranchées entre pro et anti Iya Mohamed .

Constat implacable. Le Cameroun a perdu la cote à la bourse des valeurs de la fédération internationale de football association (Fifa) depuis bientôt trois ans. Entre contreperformances, dégringolades et chutes libres, les poulains de Denis Lavagne peinent à retrouver le sommet ; presque condamnés à faire de la «danse Bafia» entre la 38e et la 66e place. Pour ce mois de mai encore, les coéquipiers de Nicolas Nkoulou ont jalousement gardé le 64e rang qu’ils ont hérité depuis avril 2012.

C’est donc peu de dire que le Lion a perdu de son lustre ; le Lion ne fait plus peur. Il a perdu son titre de « roi d’Afrique ». Un label de prestige qu’il arborait encore jusqu’en 2006. Puis, patatras. La première équipe africaine à atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde de football (1990 Italie), offrant ainsi à l'Afrique deux places supplémentaires sur les trois jusqu'alors acquises, et quatre fois vainqueur de la Can (1984, 1988, 2000 et 2002) est devenue au fil des scandales, l’ombre d’elle-même. Pendant des années, le Cameroun qui s'est présenté comme une terre de foot, une terre de sport sur le continent a progressivement perdu de sa superbe.

Depuis la déconfiture du Mondial 2010 auquel est venu se greffer l’embarrassante « Marrakechgate » en 2011, l’équipe nationale fanion continue sa somnolence dans les profondeurs du classement Fifa, pendant qu’au pays, la guerre des comités fait rage. Le premier qui est un comité citoyen est né début avril soit deux semaines avant que le second qui est un collectif républicain, ne pousse son premier cri. L’un regorge en son sein des anciens footballeurs internationaux et autres « bannis » de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) pendant que l’autre a comme figures de proue des anciens sportifs et autres présidents de clubs de football. Si le premier dénonce avec véhémence la décrépitude du football camerounais née sous l’ère Iya ; l’autre estime que la situation du football camerounais sous la présidence du Peuhl a de quoi faire des envieux. Le Comité citoyen de redressement du football camerounais jure de faire tomber Iya pendant que le collectif républicain estime que l’équipe actuelle de la Fécafoot mérite d’être maintenue. Entre conférences de presse, clashs, intrigues et querelles par médias interposés, les deux clans « ennemis » s’étripent.

Desseins inavoués

A grands renforts de faits saillants et d’arguments calqués sur l’état de santé moribonde de l’équipe nationale depuis deux ans, Roger Milla et Emmanuel Mve Elemva qui viennent de proposer aux pouvoirs publics une short list d’entraîneurs nationaux prompts à débarquer Denis Lavagne du banc de touche des Lions ont en face un noyau dur qui ne veut en aucun cas lâcher prise. Ange Sama, Stephen Tataw, Max Tonye, Soleil Nyassa, Pierre Noungem, E. Enoka, Albert Nkondjock, Daniel Dikambi, Joseph Feutcheu et Ephrem Mbom, envisage de leur côté de «préserver les acquis de la Fécafoot, travailler au rassemblement et au dialogue entre tous les acteurs du football camerounais, s'opposer fermement à toute forme vicieuse et viciée de déstabilisation, de violation des statuts et règlements du football ou de la volonté d'occulter les bons résultats de l'équipe actuelle et refuse toute utilisation du football à des desseins inavoués de troubles sociaux». Tout un programme.

Face à cette guerre de comités entre les pros et les anti – Iya Mohammed, comment ne pas croire que toutes ces velléités éloignent plutôt le peuple camerounais des questions essentielles? Autrement dit, exiger le départ ou le maintien de Iya Mohammed aujourd’hui pourra-t-il permettre à Nicolas Nkoulou et ses coéquipiers de retrouver leur gloire d’antan ? Pis, met-il le Camerounais à l’abri de la vie chère, de la pauvreté, du grand banditisme, des grandes pandémies, de la sous scolarisation, de la mal gouvernance ou encore de la corruption ? Comment ne pas s’interroger sur la légitimité et la crédibilité même de ces comités qui pullulent ?

L’interpellation apparaît forte aussi bien pour les responsables fédéraux aujourd’hui sur le qui-vive, que pour le ministère de tutelle à un moment où se mettent déjà, en place sous d’autres cieux, des stratégies en vue d’une participation compétitive efficace à la prochaine coupe d’Afrique des nations en 2013 et à la phase finale de la coupe du monde au Brésil en 2014. Moralité ? Ces deux comités doivent avant tout savoir qu’incriminer et diaboliser les autres ne fait pas forcément de vous un dieu même s’il faut reconnaître que le football camerounais à travers les Lions indomptables est en crise.

Christian TCHAPMI


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