18/05/2012 02:01:04
Fcafoot. Roger Milla rvoqu de la prsidence d'honneur
Roger Milla botté en touche. Divorce désormais consommé. C’est le contraire qui aurait surpris.
Le Messager
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Roger Milla

C’est l’une des décisions fortes prises au sortir des travaux de l’Assemblée générale de la Fédération Camerounaise de football (Fécafoot) qui s’est tenue mercredi, 16 mai 2012 à Yaoundé.

Roger Milla botté en touche. Divorce désormais consommé. C’est le contraire qui aurait surpris. D’ailleurs, nous annoncions déjà dans Le Messager du mercredi, 16 mai 2012 que les sirènes de son limogeage retentissaient depuis qu’il a mis sur pied le Comité citoyen pour le redressement du football camerounais en avril dernier.

Lequel comité exige le départ sans contingence de l’équipe dirigeante actuelle de la Fécafoot. Le bras de fer entre « Rogers » et la Fédération avait pris une autre tournure lorsque l’ancien goléador de l’équipe nationale de football a révélé que son salaire, soit 300 000 Fcfa, n’est pas payé depuis quatre mois. A cette déclaration fracassante venait se greffer sa prise de position suite à la décision de la chambre d’homologation et de discipline de la Fécafoot en décembre 2011, suspendant pour quinze matches fermes le capitaine des Lions indomptables, Samuel Eto'o. De même qu'il s'est montré très critique sur la réduction de cette sanction ramenée à trois matches. En déclarant cette guerre ouverte contre Iya Mohammed et ses collaborateurs, le meilleur joueur africain du siècle dernier était naturellement sur un siège éjectable, puisque n’étant plus en odeur de sainteté avec ses affidés d’hier.

Outrés par ses sorties à répétition et par-dessus tout, cette attitude impertinente, les administrateurs de la Fécafoot n’ont eu d’autre choix que de se séparer d’un président d’honneur qui ne sait pas garder sa langue dans la poche. Conséquence : pour avoir proféré « des propos injurieux à l’endroit de la Fécafoot, de son président et de ses dirigeants ainsi que pour avoir appelé publiquement à des manifestations populaires et à l’insurrection contre la Fédération », Roger Milla est révoqué. Règlement de compte ? « Pas du tout. Etant donné que l’article 45 des statuts de la Fédération permet d’exclure de ses rangs toute personne qu’il juge, à tort ou à raison, coupable de s’attaquer à leur institution, je ne vois pas en quoi on pourrait parler de règlement de comptes », tente d’expliquer un membre du comité exécutif.

Mayebi, Emedec et Cie exclus

Toutefois, il faut remarquer que cette exclusion manque d’élégance. Conscient que ce poste de président d’honneur et le salaire qui lui était conféré ne lui apportaient rien comme il aimait à le répéter chaque fois,« l’ambassadeur itinérant en tant que légende du football camerounais aurait du sortir par la grande porte plutôt que de se faire humilier de la sorte. En le révoquant, la Fécafoot a marqué des points », commente sous cape un ancien Lion. Interrogé il y a une dizaine de jours par le quotidien Cameroon Tribune qui voulait savoir s’il avait pensé à démissionner de son poste de président d’honneur, Milla répondait que c’était à la Fédération de le faire partir, puisque c’est elle qui avait pris sur elle de le nommer. C’est donc désormais fait.

En dehors de Roger Milla, la Fécafoot a eu la main lourde vis-à-vis de Charles Emedec, ancien vice-président de la Fédération. Celui-ci est révoqué « pour malversations financières dans le cadre de l’acquisition de l’immeuble siège de la ligue régionale de football de l’Ouest ». Il entraine dans sa chute, Serge Tsemo et Kamwa Roger, qui étaient à l’époque des faits, respectivement président et trésorier adjoint de la dite ligue. David Mayebi, lui aussi vice-président de la Fédération, est révoqué «pour insubordination caractérisée et propos injurieux à l’encontre de la Fécafoot, de son président et de ses dirigeants ». Par ailleurs, l’Association des footballeurs du Cameroun (Afc), devenue Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc), est exclue de la Fécafoot pour « violations graves et répétées de ses obligations ».

Au cours des travaux, l’on a aussi procédé à l’adoption du budget de l’exercice 2012, équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 2 698 316 400 (deux milliards six cents quatre vingt dix huit millions trois cents seize mille quatre cents) Fcfa.

Christian TCHAPMI

Réactions d’après assemblée

Roger Milla. « Le combat est fini »

« Sachez que je ne suis pas un employé de la Fécafoot pour qu'on dise qu'on m'a radié ou quoique ce soit (…) Je suis même plutôt surpris qu'ils aient attendu longtemps pour prendre cette décision. C'est sans doute mon franc-parler et mon positionnement pour le développement de notre football, aujourd’hui en pleine décrépitude qui les a poussés à prendre cette décision. Mais bon, tant que j’aurais des forces, je me battrais pour redresser le football camerounais. Ça je peux vous le garantir. Le combat n’est pas fini ».

Charles Emedec. « Je suis victime d’un délit d’amitié »

« Nous sommes dans une maison que nous connaissons tous. Tsemo était président de la ligue provinciale de l’Ouest dans le temps mais comme j’étais leader dans la région je me suis battu comme un beau diable pour augmenter de l’argent sur la somme qui lui avait été confiée. L’affaire a mal tourné et on nous a mis tous les deux dans le même panier. C’est peut-être pourquoi je suis sanctionné à tort aujourd’hui. J’appelle cela un délit d’amitié. Mais, je reste calme ; je sais que c’est à cause d’un ami que je me retrouve dans cette situation. Je vais réfléchir pour voir à quoi je vais désormais me consacrer. Vous savez que le football qui est un domaine très vaste reste ma passion ; personne ne me l’enlèvera. J’y étais déjà avant de faire partie des membres de la Fécafoot. Je crois que j’y resterais ».

Recueillis par C.T

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