12/06/2012 02:47:17
Lions indomptables. Accident de parcours ou nouveau cycle de dfaites ?
Désillusionnée le 10 juin dernier face à la Libye (2-1), l'avenir de l'équipe nationale du Cameroun est nappé d'incertitudes, de controverses mais aussi de polémiques.
Le Messager
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Nicolas Nkoulou

Désillusionnée le 10 juin dernier face à la Libye (2-1), l'avenir de l'équipe nationale du Cameroun est nappé d'incertitudes, de controverses mais aussi de polémiques.

On n’a pas fini d’épiloguer sur la surprenante défaite des Lions indomptables devant les Chevaliers de la Méditerranée dimanche dernier à Sfax. Ce premier faux pas de l’équipe nationale fanion dans cette campagne qualificative au Mondial 2014, se passe de tous commentaires. Entre analyses objectives et décryptages vides de sens, chaque fan y va de son autopsie. Mais à la vérité, « le Cameroun n'a jamais été aussi fébrile », comme le faisait remarquer Claude Leroy à l’issu du match Cameroun-Rdc, le 2 juin dernier. D’abord la défense qui a joué la carte de l’approximation de la 1ere à la dernière minute de jeu. Avec un Nkoulou qui revenait de blessure et un Aurélien Chedjou condamné à un service minimum, ce compartiment clé est passé à côté du sujet, donnant libre cours aux artificiers libyens d’inscrire deux précieux buts. Dans l'entrejeu, ce fut le même constat. L'on n'a pas vraiment senti de leader dans ce compartiment. Alexandre Song qui orchestrait le jeu, était presque inexistant. L'attaque n'a valu son pesant d’or que par l'inévitable Choupo Moting qui, sans se montrer extraordinaire, a inscrit l’unique but camerounais sur un magnifique coup franc. Bien soutenu, il aurait, peut-être, fait mieux.

Pour tout dire, les Camerounais attendaient beaucoup de ces Lions Indomptables dont on dit en pleine reconstruction. Devant cette Libye qu’ils ont pratiquement sous estimé, les fans s’attendaient à une équipe conquérante comme celle qui avait séduit en 2006 en Egypte ou encore pendant les éliminatoires de la Can 2008. Mais, on n'a pas du tout reconnu les Lions.

En dehors de quelques exceptions comme Henri Bédimo, Landry Nguemo ou Choupo Moting, tous les autres ténors ont manqué d’explosivité voire de pugnacité. Avec un football sans relief, peu imaginatif, brouillon et emprunté, les Lions ne pouvaient rugir devant un adversaire au métier consommé et au jeu très alerte et bien conçu comme les Chevaliers. A l’heure où ils sont de nouveau en cage pour affronter la sélection Bissau-guinéenne samedi prochain à Yaoundé dans le cadre du match retour des éliminatoires de la Can 2013, beaucoup d'observateurs se demandent si leur défaite face à la Libye est un simple accident de parcours ou la fin d'un règne. Ou alors, si le problème n’est pas finalement Denis Lavagne, l’entraîneur  sélectionneur.

Sortir de la panade

Lui qui conspué par le gotha du football national pour une absence criarde de références conséquentes, vilipendé par les hommes de médias pour son statut flou à la tête de la sélection nationale et bien plus, pour cette espèce de satisfaction folâtre qu’il semble tirer de sa place inattendue auprès cette équipe, a enregistré sa première défaite sur le banc de touche des fauves. Le ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep) qui, en signant son contrat de travail attend de lui qu’il qualifie le Cameroun aux deux grands rendez-vous que sont la Can et le Coupe du monde, n’a-t-il pas plutôt confié cette équipe à un technicien peu expérimenté et en quête de renommée ? On le voit, le football camerounais a décidément du mal à s’en remettre. Malades au mondial 2010, moribonds lors des éliminatoires de la Can 2012, les Lions ont bien du mal à se sortir de la panade.

Longtemps citée en exemple, la rage de vaincre des coéquipiers de Samuel Eto’o se caractérise notamment par le refus de la défaite, la combativité, la solidarité et le courage. Hélas ! Ces dernières années, ces valeurs font défaut aux (ex) Rois d’Afrique. A bien regarder, elle est bien révolue la « belle époque » où les succès de l'équipe nationale éclipsaient la réalité, les frustrations et la clochardisation de la population, les insuffisances du régime en place, les tromperies et les fourberies en tout genre.

Cet opium du peuple qu'est le football commence maintenant à produire les effets pervers dont on a occulté pendant les années. Comme la presse l’a toujours souligné, le problème des Lions ne repose ni sur les joueurs, ni sur la compétence des entraîneurs qui se succèdent à un rythme effréné à la tête de cette équipe. La reconstruction en cours de cette équipe passe nécessairement par un management rigoureux et professionnel. Un exercice jonché de ronces et d'épines. Balle au centre, rendez vous samedi, 16 juin 2012.

Christian TCHAPMI

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