13/07/2012 01:28:32
Jeux olympiques 2012. Le gouvernement impose Puma la Cameroon olympic team
Ça y est. Après moult tractations engagées entre les responsables du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) et certains équipementiers dans le but d’habiller la délégation camerounaise qui fera le déplacement de Londres, c’est finalement la firme allemande qui a été retenue, sur  instructions de la très haute hiérarchie.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Athlètes camerounais

Ça y est. Après moult tractations engagées entre les responsables du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) et certains équipementiers dans le but d’habiller la délégation camerounaise qui fera le déplacement de Londres, c’est finalement la firme allemande qui a été retenue, sur  instructions de la très haute hiérarchie.

La Cameroon olympic team s’habillera en Puma. C’est l’une des résolutions fortes de la séance de travail qui a eu lieu hier mercredi 11 juillet 2012, au siège du Cnosc entre les responsables de Puma et ceux du Comité national olympique. Ont pris part à ce conclave, Emmanuel Abollo Biwolé, secrétaire général du comité national olympique, François Xavier Darwe, le vice-président et Régis Menoux, responsable marketing de l’équipementier Puma sport, en présence de Blaise Omgba, directeur des sports de haut niveau au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et André Nguidjol Nlend, directeur administratif des équipes nationales.

Après 1h 30 de huis-clos, les deux parties se sont enfin accordées sur les termes de ce qui pourrait être taxé d’un simple gentlemen agreement. Ce d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une convention formelle exigeant en retour une contrepartie. « C’est juste un accord entre Puma qui s’est chargé d’habiller gracieusement toute la Cameroon olympic team et le Cnosc. Cela ne vaut pas en retour une compensation financière », a précisé le Sg du Cnosc qui a fustigé au passage, la cabale médiatique dont a été victime pendant plusieurs semaines, l’instance faîtière de l’olympisme au Cameroun que dirige Hamad Kalkaba Malboum.

Pour le représentant de Puma, cette décision est avant tout un choix du cœur, bien loin d’une stratégie commerciale déguisée ou encore le résultat d’une concurrence déloyale. « Mon sentiment est très positif. Ce d’autant plus que la firme Puma est très heureuse d’accompagner le Comité national olympique comme ce fût déjà le cas en 2008 mais cette fois avec beaucoup plus de méthodologie. C’est aussi un investissement de cœur puisque le Cameroun reste un pays phare qui s’est inscrit dans le développement du football ces dernières années», a déclaré Régis Menoux. Et d’ajouter, « nous serons dans les délais. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons tenu cette séance de travail afin de s’assurer que tous les athlètes camerounais auront leur équipement avant le début des J.O »

Guerre ouverte

Ce revirement du Cnosc intervient alors que ce dernier avait pratiquement désavoué Puma que lui suggérait la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). En fait, le Cnosc estimait que Puma devait signer un contrat et lui payer de l’argent en retour ; proposition qu’avait gentiment botté en touche l’équipementier. Quelques mois avant, le Cnosc avait déjà envoyé Vincent Onana au Gabon lors de la récente Can pour aller négocier avec Puma afin qu’il habille la Cameroon team, mais la démarche n’a pas reçu de suite favorable. La Fécafoot n’avait donc d’autre choix que de décliner l’offre qu’elle croyait pourtant à l’avantage de la délégation camerounaise. Vont alors se succéder des réunions au Minsep et au Comité national olympique pour résoudre au plus vite cette laborieuse équation d’équipementier. En vain.

28 mai 2012, le Cnosc, par les bons soins de Prince Junior Mabengue, chargé des équipements, va saisir par courriel Mustapha Fahmy, directeur de la division des compétitions à la Fifa pour solliciter son indulgence face au retard accusé par les Lionnes indomptables dans le processus d’acquisition d’équipements sportifs. Ce dernier étant conscient que la date butoir (6 avril) est largement dépassée. Cette situation embarrassante avait fini par déclencher une guerre ouverte entre le Cnosc et la Fécafoot.

Paul Le Guen

Peut-être qu’avec cet « heureux dénouement » les deux instances ne se regarderont plus en chien de faïence. De sources concordantes, les instructions seraient venues du Cabinet civil de la présidence de la République pour qu’enfin ce soit finalement Puma qui habille la délégation du Cameroun à Londres. A preuve, « la très haute hiérarchie s’est mêlée de cette affaire et à ce jour, nous sommes arrivés à une situation qui nous a permis d’aplanir tous nos différends et nous allons donc repartir d’un nouveau pied », a clairement indiqué Emmanuel Abolo Biwolé. On se souvient que l'arrivée de Paul Le Guen chez les Lions Indomptables avait été favorisée par le ministre français de l'immigration, Eric Besson, amateur de football. Sondé par Paul Biya en marge d'un rendez-vous officiel, Eric Besson avait pris contact avec Charles Biétry, lequel a mis en relation Le Guen avec les dirigeants de la Fécafoot.

Comme il fallait s y attendre, le parachutage du technicien français a eu pour corolaire, la déconfiture de l’équipe nationale fanion à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Si pour ces jeux olympiques, Puma que le Cnosc a pourtant récusé hier, a finalement été remis en course, cela ne remet-il pas en question la gestion globale du mouvement sportif camerounais, trop souvent pris en otage par le politique ?

Christian TCHAPMI

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités

PUBLICITE