31/07/2012 01:39:08
Immigration. Une Lionne indomptable porte disparue Londres
Avec 35 fautes commises et 4 cartons jaunes écopés, le Cameroun qui joue pour l’honneur ce soir, est la dernière équipe au tableau du fair-play après seulement deux journées dans le groupe E. Comme si cela ne suffisait pas, un autre fait divers est venu brouiller le séjour déjà négatif des Lionnes en Grande Bretagne. Drusille Ngako est sans nouvelles depuis six jours.
Le Messager
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London 2012

Avec 35 fautes commises et 4 cartons jaunes écopés, le Cameroun qui joue pour l’honneur ce soir, est la dernière équipe au tableau du fair-play après seulement deux journées dans le groupe E. Comme si cela ne suffisait pas, un autre fait divers est venu brouiller le séjour déjà négatif des Lionnes en Grande Bretagne. Drusille Ngako est sans nouvelles depuis six jours.

Dans la tanière, l’espoir est parti en fumée. L’équipe nationale féminine a suffisamment appris de ces J.O 2012. Après deux lourdes défaites (5-0) contre le Brésil et (3-0) contre la Grande-Bretagne, les pouliches d’Enow Ngachu vont faire leurs adieux à la compétition. Ce soir, elles croiseront le fer contre les Néo-Zélandaises dans un match de gala. L'enjeu du match pour Françoise Bella et ses coéquipières ? Inscrire au moins son premier but de l'histoire de la compétition pour sauver la face. Mais avant,  il faudra avoir un moral d’acier pour sortir de l’esprit des Lionnes ce scandale qui fait déjà les gorges chaudes à Cardiff comme dans les chaumières notamment au quartier dit « Omnisports » à Yaoundé où les Lionnes indomptables ont l’habitude de s’entraîner.

En effet, Drusille Ngako, gardien de but amateur de l’équipe olympique de football féminin, apprend-on, à pris la poudre d’escampette. Tout a commencé à la fin du stage d’acclimatation qui s’est déroulé en Ecosse un mois avant le kick-off des jeux. Au terme de ce stage, quatre joueuses avaient été recalées, dont la gardienne de but Drusille Ngako. Mais, au lieu de les renvoyer au pays comme c’est de coutume, Enow Ngachu, le patron du banc de touche des Lionnes a demandé et obtenu du ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), que les quatre recalées restent dans le groupe pendant le déroulement des Jeux car, expliquait-il, souhaitait que son groupe demeure soudé jusqu’à la phase finale de la Can de football féminin qui se jouera en Guinée Equatoriale deux mois seulement après les Jeux de Londres.

Sawa United girls

Ainsi, sans faire partie de la liste officielle des 18 Lionnes indomptables, le dernier rempart de Lorema séjournait dans le village des jeux jusqu’à samedi dernier où elle est déclarée disparue. Dans la tanière, il se raconte que la goalkeeper a fait défection dans l’espoir d’intégrer une équipe professionnelle sur le vieux continent. Des indiscrétions laissent entendre que la joueuse avait bien préparé son coup et qu’elle a été aidée dans cette sale besogne par un parent qui avait déjà pris ses quartiers dans un village situé à l’Ouest de Londres.

Confirmation de cette fugue a été faite hier soir par un membre de la Cameroon olympic team alors que Le Messager tentait en vain de joindre au téléphone, le sélectionneur de l’équipe nationale pour avoir sa version des faits. Agée de 25 ans, Drusille Ngako a commencé sa carrière sportive il y a une dizaine d’années à Justice Fc de Douala, une équipe de deuxième division. En 2000, elle est transférée à Sawa United girls de Douala, une équipe du championnat national de première division. Deux ans plus tard, elle devient sociétaire de Lorema de Yaoundé, où elle fait la pluie et le beau temps.

Cette fuite ne vient-elle pas ternir l’image déjà suffisamment écornée du Cameroun, cité pourtant comme un exemple de grand pays de football en Afrique ? Alors que la nation de Joseph Bessala reste fragilisée par l'exode massif de sa jeunesse vers l'occident. En effet depuis plus d'une décennie une nouvelle forme d'émigration frappe la jeunesse camerounaise ; celle liée au sport. Encouragés par leurs familles, de plus en plus, des jeunes grandissent avec l'espoir de partir un jour jouer à l'étranger et d'y faire fortune, croyant pouvoir fuir l’indigence macabre du terroir.

Malheureusement la route qui mène vers ce rêve est parfois jalonnée d'épines. Certes si des footballeurs, des boxeurs, des judokas, des haltérophiles et des coureurs camerounais ont réussi à l'étranger, à l'image de Nicolas Batum, Françoise Mbango, les frères Matam, combien de talents ont été gâchés et de carrières sacrifiées par une expatriation précoce et incontrôlée ?  Il est donc plus que jamais urgent pour les pouvoirs publics de se pencher sur ce phénomène qui ronge le mouvement sportif camerounais. En bon entendeur…

Christian TCHAPMI

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