17/08/2012 15:21:36
Jeux paralympiques. Vers une nouvelle participation foireuse du Cameroun
A une dizaine de jours du démarrage de la compétition, athlètes, encadreurs, et responsables de fédérations sportives pour personnes handicapées sont dans l’expectative. A l’origine de ce malaise, des tensions de trésorerie qu’accuseraient les pouvoirs publics, passés maîtres dans l’art de l’improvisation et de l’amateurisme.  
Le Messager
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Athlètes handicapés camerounais

A une dizaine de jours du démarrage de la compétition, athlètes, encadreurs, et responsables de fédérations sportives pour personnes handicapées sont dans l’expectative. A l’origine de ce malaise, des tensions de trésorerie qu’accuseraient les pouvoirs publics, passés maîtres dans l’art de l’improvisation et de l’amateurisme.  

Cameroon looser team,  Acte II. Détrompez-vous, il ne s’agit pas du titre d’un long métrage ni d’un spectacle de danse contemporaine, encore moins d’un slogan creux. C’est plutôt une approche caricaturale pour présenter à quoi s’achemine le Comité national paralympique du Cameroun (Cnpc) qui n’a visiblement pas retenu la leçon de la déconvenue de nos athlètes aux récents Jeux olympiques de Londres.

C’est à croire que les germes de l’impréparation, de la lenteur et du retard accusé dans le déblocage des fonds se sont répandus partout, au point de rendre hémiplégique même celles des instances qu’on croyait encore sérieuses. Au mois de mai, cinq dynamophiles (haltérophiles handicapés physiques) se sont rendus à Dubaï et un seul a pu ramener une qualification. Il s’agit de Frédéric Atangana Conrad (catégorie -56 kg) qui est d’ailleurs le seul et unique ambassadeur du Cameroun aux Jeux paralympiques qui  se dérouleront dans la capitale anglaise du 29 août au 12 septembre 2012. 

Ce dernier a obtenu ses minima à l’issu d’un stage pré-paralympique à Bath en Angleterre (du 15 au 19 août courant). Ses sept compatriotes ont tous été recalés, apprend-on, à cause d’une méconnaissance des nouvelles techniques édictées par la Fédération internationale.

Une honte pour le Cameroun qui, au 21e siècle, reste totalement déconnecté des avancées de cette discipline alors qu’on claironnait partout, avoir des arguments à défendre lors de ce tournoi. On se rappelle qu’au mois de mai une autre frange d’athlètes devait se rendre en Tunisie dans le but de réaliser des minima nécessaires pour leur qualification.

Mais faute de financements, les pauvres sont restés cloués au sol, compromettant ainsi leurs chances de se rendre à Londres. Que dire du forfait consommé aux éliminatoires du Tournoi d'athlétisme des handicapés mentaux de Manchester (mars 2012) ?  Grand absent à ce rendez vous, le Cameroun dont les athlètes avaient pourtant bénéficié de plusieurs mois de préparation, a échoué devant l’argument que leur brandissait les responsables du ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) : l’assèchement des caisses allouées à la préparation et la participation du Cameroun aux compétitions internationales. 

28 millions Fcfa

Une véritable secousse pour Jean Marie Aléokol, le président de la Fédération camerounaise de sports pour déficients intellectuels (Fecasdi) qui n’a eu autre choix que de rabattre son caquet. A cela vient se greffer deux compétitions majeures auxquelles le Cameroun a fait choux blanc (Turin (Italie) et Paris (France). On le voit bien, comme ce fût le cas à la veille des J.O, le Cameroun continue de balbutier. Entre préparation bâclée, incertitudes et improvisation, l’attaché olympique et Jean Jacques Ndoudoumou, le président du Cnpc ne savent plus où se donner de la tête. 

Le budget de la délégation s’élève à 28 millions Fcfa que supportera l’Etat camerounais. Lequel reste encore attendu car « il s’agit d’un reliquat du budget alloué aux J.O que le régisseur ne nous a pas encore transmis», s’est justifié un membre de la délégation. Cette fois encore, aucun journaliste, aucun président de fédération, même pas Hervé Ngoyo de la Fédération camerounaise des sports pour déficients physiques (Fecasdep) auquel appartient Frédéric Atangana Conrad, ne sera pris en charge par les pouvoirs publics. Au Cnpc on parle de «tensions de trésorerie» pour justifier la taille de la délégation revue à la baisse, et aussi le fait que l’inspecteur général des services du Minsep (Chef de délégation et représentant d’Adoum Garoua), ne pourra emmener aucun journaliste à Londres. Vous avez dit navigation à vue ? 

Christian TCHAPMI

 

 

 


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