13/09/2012 03:41:16
Boxe professionnelle. Le Roi Bolo ou la chute fracassante d'un gladiateur
Qui l’eût cru ? Dans un combat laborieux qui a tenu le public en haleine, le multi recordman et champion en titre de la région du Centre, Emmanuel Ntsenga Ambomo a mordu la poussière devant Daniel Lebga Magnus, son challenger de la soirée. Le gala a été organisé samedi 08 septembre dernier à Yaoundé par l’association Sportive Espoir Promotion (Assespro).
Le Messager
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Qui l’eût cru ? Dans un combat laborieux qui a tenu le public en haleine, le multi recordman et champion en titre de la région du Centre, Emmanuel Ntsenga Ambomo a mordu la poussière devant Daniel Lebga Magnus, son challenger de la soirée. Le gala a été organisé samedi 08 septembre dernier à Yaoundé par l’association Sportive Espoir Promotion (Assespro).

La fin d’un mythe ? Rassurez-vous ce n’est ni le titre d’un thriller, encore moins celui d’un ouvrage à succès ou plus, le thème d’un exposé portant sur la mythologie grecquo-romaine. C’est simplement l’interprétation imagée du combat de boxe  qui opposait samedi dernier Emmanuel Ntsenga Ambomo allias Bolo à Daniel Lebga Magnus. Une affiche qui a drainé du beau monde au Camp de l’unité de Yaoundé. Beaucoup de ces fans du noble art ont fait le déplacement croyant que leur Bolo national rééditerait l’exploit des précédents combats.  Ils avaient même misé des sommes astronomiques sur ce gladiateur des poids mi-lourds. Mais c’était sans compter sur la hardiesse, la puissance et la ruse de son challenger, plus que jamais déterminé à briser le signe indien et avoir par-dessus tout le scalp de l’invincible Roi Bolo.

Le combat commence par une longue période d’observation pendant laquelle les deux pugilistes misent plus sur l’esquive et la défense plutôt qu’à l’attaque. Les coups de poings sont régulièrement contrés. Bolo, l’hyper favori est encouragé par des fans au bord de l’extase. « Tue-le ; montre lui que tu es le maître », scandent en chœur le public. Entre salves d’applaudissements, cris de ralliement et tintamarre provoqués par des couvercles de marmite frottés avec une brutalité inouïe, l’ambiance est presque assourdissante.La chaleur suffocante.

Sur le ring, le combat gagne progressivement en intensité. Bolo se fait de plus en plus menaçant, et tente quelques uppercuts au 5ème round. Mais Lebga ne compte pas lui donner l’opportunité de l’inscrire dans sa gibecière comme trophée de chasse. Pour cela, il faut changer de stratégie et se montrer espiègle. Chose qu’il tente de faire au 6ème round. Seulement, le boxeur du Nord-ouest a du mal à contenir les assauts d’un adversaire coriace. Au 7ème round, Lebga, comme un roseau plie sans rompre ; il fonce et parvient à déstabiliser Bolo qui présente déjà des signes de fatigue, notamment avec des coups de poings qu’il envoie à l’aveuglette.

Pluie de bougies

Au 9ème round, le chouchou du public qu’on connaît souvent agressif dans les derniers rounds tient à peine sur ses deux jambes. On dirait qu’il continue  simplement pour plaire à ses fans. Cette fébrilité  donne l’occasion à Lebga de le démolir. A la suite d'un puissant crochet du gauche massif et percutant, Bolo est touché à l'arcade droite, il saigne légèrement et sa vision est approximative. Il va être surpris par un autre vigoureux coup de poing armé de la droite qui l’envoie au sol. Le public n’en revient pas. « Qu’est ce que le gars-là a mangé aujourd’hui ? », S’interroge-t-on dans les gradins. C’est le début du déclin. Lebga enchaîne une série de crochets qu’il alterne avec des coups en plein dans le visage de son adversaire qui vacille comme une bougie. Bolo, acculé, perd l’équilibre sous cette pluie de bougies et s’écroule sous le regard médusé des spectateurs qui supplient l'arbitre de mettre un terme à ce massacre. Le mythe Bolo vient de s’écrouler tel un château de cartes. Le nouveau champion a pour nom Lebga.

Si pour le perdant, «j’ai simplement glissé, et je suis tombé, mais l’arbitre a mis fin au combat» ; les fans, eux estiment que « Bolo a été drogué. Il n’y a qu’à voir comment il boxait. On sentait que ça n’allait pas », croient-ils savoir. Le vainqueur qui dit s’être bien préparé pour ce combat peut donc tranquillement savourer son sacre. Il a fallu du temps. Adolphe Kakeu, son entraîneur le sait. Lui qui parle d’un miracle, déclarant que «David a battu Goliath, avec un petit caillou. C’est une preuve que seul le travail paie. Que tout est possible, que la grosseur des muscles ne suffit pas».

Ce duel de titans supplantait en fait le combat vedette de la soirée, celui mettant aux prises Ebode Eneli et Pierre Elong chez les poids welter, avec en jeu la ceinture de la catégorie. Pour un combat annoncé à grand renfort de publicité, la confrontation n’a visiblement été qu’une partie d’amusement pendant laquelle les deux pugilistes semblaient plutôt apprendre à boxer.

Résultat de courses ? C’est Elong, avec un peu de chance qui l’emporte au 10ème round, sur arrêt de l’arbitre, après constat de blessure de l’adversaire. En levée de rideau, Serges Mbarga a battu au forfait Tchoumeni de la région du Littoral, pendant que Kenfack du Centre étouffait Jules Rymsey chez les poids lourds. Pari tenu pour Jean Marie Evina, président de l’Assespro.

Christian TCHAPMI

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