22/10/2012 00:02:52
Football camerounais. Le diagnostic de l'Union des footballeurs du Cameroun
L’Ufc à travers son président Nicolas Dikoumé qu’accompagnaient Bell Joseph Antoine, Eugène Ekeke et Alphonse Tchami a fait un état des lieux du sport-roi et proposé des pistes de solutions au cours d’une conférence de presse donnée samedi 20 octobre 2012 à Douala
Le Messager
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L’Ufc à travers son président Nicolas Dikoumé qu’accompagnaient Bell Joseph Antoine, Eugène Ekeke et Alphonse Tchami a fait un état des lieux du sport-roi et proposé des pistes de solutions au cours d’une conférence de presse donnée samedi 20 octobre 2012 à Douala

Trois centres d’intérêt au menu de la sortie de l’Union des footballeurs du Cameroun (Ufc). Le football jeunes, le championnat professionnel et les Lions Indomptables séniors. Suffisant pour que les journalistes sportifs et autres curieux investissent en grand nombre les installations de l’hôtel Bano palace à Akwa, samedi 20 octobre 2012. Pour cette conférence de presse, Nicolas Dikoumé, le président de l’Ufc, s’est entouré de Joseph Antoine Bell, conseiller, Eugène Ekeke, le trésorier et Alphonse Tchami, membre du bureau.

Nicolas Dikoumé explique d’entrée de jeu que cette conférence rentre en droite ligne de leur promesse et engagement à savoir «organiser une fois par mois au moins une conférence pour aborder les préoccupations de l’heure. Il s’agit pour l’Ufc de donner un coup de pouce au football camerounais. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons ou chasser les dirigeants actuels de la Fécafoot. Nous défendons juste le football». Une posture qui procède d’une logique : «si le footballeur se porte bien, le football camerounais ira mieux et tout le monde sera satisfait » a lancé Nicolas Dikoumé dans son propos liminaire.

Au sujet du football des jeunes, des lancinantes questions ont focalisé l’attention des conférenciers et les préoccupations de la meute des journalistes. Les Lions Junior ont été éliminés et les cadets hors course à l’image des séniors dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations de football que l’Afrique du sud accueille en janvier 2013. Faut-il avoir une sélection nationale des jeunes, tous âges confondus (minimes, cadets, juniors…) sans un championnat de leur catégorie ? N’y a-t-il pas des incidences négatives sur la formation des jeunes qui veulent jouer au football et s’engager dans des compétitions ?

Bell Joseph Antoine s’appuie sur ce qui se fait sous d’autres cieux pour esquisser une solution. «Ailleurs, des dirigeants sérieux ont mis des mécanismes qui permettent aux jeunes d’allier la pratique du foot à la formation, à l’éducation. Ils ont implémenté le concept de foot-étude. Comment espérer qu’au Cameroun cela soit fait quand on envoie des jeunes aux loisirs les jours ouvrables. Il s’agit là de l’irresponsabilité et l’inorganisation des dirigeants de notre sport-roi.» 

Concernant le football professionnel, les conférenciers, à l’unanimité ont été d’accord sur l’inopportunité de lancer la ligue de football professionnel sans moyens conséquents. Comment peut-on parler d’un championnat professionnel avec des infrastructures presque inexistantes, des insuffisances dans l’encadrement, des salaires de catéchistes payés aux joueurs et entraîneurs…Ekeke notera d’ailleurs que la Fifa n’a jamais prescrit à la Fécafoot de professionnaliser son championnat dans des conditions irrégulières. On aurait pu lancer les activités de la ligue avec un ou deux clubs véritablement professionnels afin de permettre aux autres de s’adapter au lieu d’avoir une ligue professionnelle qui n’existe que de nom. Alphonse Tchami sur la question va souligner que «le professionnalisme se décline à travers un comportement. Au Cameroun, le championnat n’est pas professionnel encore moins les clubs qui ne respectent pas le cahier des charges.» 

Déficit d’expertise

Un son de cloche partagé par Bell et Dikoumé qui estiment qu’«avec le professionnalisme, les clubs devraient être des employeurs et les joueurs des employés avec l’obligation de respecter des engagements (paiement des salaires fixés sur la base d’un contrat en bonne et due forme…)» Les conférenciers observent à l’unisson qu’il s’agit d’un déficit d’expertise.

Comme pistes de solutions, ils proposent de dégager les moyens conséquents à l’image du Gabon qui démarre son championnat professionnel avec 12 milliards Fcfa, mettre sur pied des mécanismes de suivi. Pour ce qui est des Lions indomptables, la non qualification du Cameroun à la Can 2013 après le rendez-vous manqué du Gabon et de la Guinée Equatoriale en 2012 est la résultante du déficit d’expertise, l’amateurisme et autres gangrènes qui cancérisent le football au Cameroun.

Si à un moment donné, Denis Lavagne est nommé sélectionneur du Cameroun, cela signifie qu’il y a un problème concernant l’expertise de ceux qui sont chargés de recruter. C’est tout dire. Après cette rencontre en salle avec les chevaliers du micro et de la plume, les joutes se sont poursuivies au stade annexe de Bépanda autour du ballon rond en fin d’après-midi. Comme il fallait s’y attendre, les anciens Lions Indomptables ont laminé une sélection des journalistes par un score sans appel de trois buts à blanc. 

Alain NJIPOU  

 


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