23/10/2012 00:27:15
Conciliation Minsep-Fcafoot. Voyage au c?ur d'une valse de missions impossibles
Entre hypocrisie et impuissance des médiateurs, impréparation et cupidité, les multiples actions initiées par le Minsep et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) dans le but de « sauver » le sport-roi en période de turbulence se sont presque toujours soldées par des échecs cuisants. Morceaux choisis.
Le Messager
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Entre hypocrisie et impuissance des médiateurs, impréparation et cupidité, les multiples actions initiées par le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) dans le but de « sauver » le sport-roi en période de turbulence se sont presque toujours soldées par des échecs cuisants. Morceaux choisis. 

1-La mission Milla dans l’Eto’o du Pichichi

Octobre 2010. Roger Milla, président d’honneur de la Fécafoot, Dr Francis Mveng, vice président et Me Enama, avocat habitant à Rennes (France) constituent le trio expéditionnaire envoyé par Michel Zoah en Europe pour poser les jalons d’un rapprochement et de médiation en vue de réconcilier ceux des Lions Indomptables qui se font la guerre « Iran-Irak ».

Première escale de la tripartite : Milan en Italie, ville où joue et réside Samuel Eto’o Fils, le capitaine de l’équipe nationale fanion. Les trois hommes ont pour objectif de convaincre le « Pichichi » d’enterrer la hache de guerre et de faire la paix avec ses ennemis d’hier. Dans la « short list » des « bannis » soit pour comportement rétrograde, soit parce qu’ils seraient à bout de souffle, deux noms sont les plus évoqués à l’instar de Achille Emana et Alexandre Song.

En effet, à l’issue de la déconfiture au Mondial sud-africain, tout semblait indiquer que Samuel Eto’o serait le nœud du problème. Au centre de la discorde, la bataille des « ego surdimensionnés » à en croire les propos du ministre des Sports et de l’éducation physique cuisiné quelques semaines avant face aux députés. Eto’o qui aurait théâtralisé sa version des faits en se refusant de dire la vérité aux Camerounais sur le rôle trouble de la Fécafoot et le Minsep qu’il vomit.

L’escale à Milan serait donc la volonté des dirigeants du football camerounais de préparer le « super » capitaine au retour des exclus. Ceux-là mêmes qui estiment que son overdose d’Eto’o-dépendance a fini par polluer l’atmosphère dans la tanière. La centralisation du pouvoir autour de celui qui est par dessus tout le meilleur joueur et buteur camerounais de l’histoire, mais qui de l’avis d’une certaine opinion ne serait pas forcément le meilleur Lion dans les vestiaires est donc mise à rude épreuve. Le quadruple ballon d’or africain aurait, lors d’un point de presse à Yaoundé, déclaré et martelé que son avis reste indispensable voire primordial dans la prise de décision au sein du groupe des Lions Indomptables. Toutes choses qui auraient renforcé l’idée selon laquelle l’ancien goléador du Fc Barcelone se prend pour un dieu. Que s’est-il finalement passé à Milan ? Sur quoi ont porté les conciliabules ? Personne n’est en mesure de répondre à ces interrogations mais de sources proches du dossier, le séjour de Roger Milla et de ses acolytes aurait finalement accouché d’une souris. Une grosse déconvenue.  

Dans les coulisses, on estime que la difficulté de cette tentative de réconciliation viendrait tout d’abord de ceux qui l’ont diligentée. Mais surtout du fait que les joueurs concernés continuent d’alimenter des polémiques par médias interposés, et que ces mêmes joueurs servent au peuple le théâtre rempli d’hypocrisie et l’affichent sur les projecteurs. Le regroupement annoncé à Paris pendant la période Fifa du 17 novembre 2010 viendra confirmer que les fruits de la « Mission Milla » n’auront été qu’un moyen de trop, de dépenser inutilement l’argent du contribuable. 

2-Adoum Garoua taclé par les joueurs cadres

C’est presque dans la soutane d’un prêtre exorciste que le patron des sports a quitté le Cameroun pour la France le 3 mai 2012. Conscient des enjeux que revêtent les échéances importantes qui approchaient, Adoum Garoua s’est empressé d’organiser un tête à tête avec certains joueurs de la sélection nationale de peur sans doute d’être taxé d’impuissant devant une tanière où règne en permanence une ambiance délétère depuis l’embarrassant « Marrakechgate » et la victoire sur le fil du Cameroun face à la sélection Bissau guinéenne (29 février 2012 Ndlr). Dans une correspondance qu'il a adressée personnellement à Iya Mohammed, président de la Fécafoot, Adoum Garoua insiste sur la présence d’Enoh Eyong, Nicolas Nkoulou, Stéphane Mbia, Idris Carlos Kameni et Alexandre Song. Bref, le noyau dur de l’équipe en l’absence de Samuel Eto’o  suspendu. Les assises apprend-on, sont prévues à huis clos à l'hôtel Pullman Tour Eiffel de Paris. 

Si de manière officielle, on parle d’une « séance de travail en vue de l'amélioration des conditions de travail et de rendement des Lions Indomptables », des sources proches à la direction administrative des équipes nationales (Daenf) estiment que cette mission en terre parisienne serait la matérialisation d’une instruction du chef de l’Etat qui voudrait que l’ordre revienne une bonne fois pour toute au sein de la tanière et que la paix qui se fait rare depuis trois ans, reprenne droit de cité. A la Fécafoot, on reste serein.

Pas besoin d’en faire une montagne puisqu’une séance de travail de ce genre s’était déjà déroulée en 2008 à Bondoufle, en région parisienne. En clair, « cet échange entre le ministre des Sports et les cadres de l’équipe nationale entre dans la poursuite d’une discussion entamée à Bissau, en février dernier, en marge du match aller comptant pour le premier tour éliminatoire de la Can 2013. Il sera notamment question de discuter du montant des primes des matches relatives à une Coupe du monde », soulignait Junior Binyam, chef du département communication à la Fécafoot. Une précision qui suscite toutefois des interrogations sur le bien-fondé et même l’opportunité d’un tel voyage à un moment où les fans des Lions attendent bien plus que des conciliabules et des réunions de concertations très souvent stériles. 

Pourquoi convoquer en secret, seulement une partie des cadres pour des assises prévues dans un pays qui va abriter dans moins de trois semaines un stage préparatoire? Est-ce ce tête à tête qui va définitivement provoquer le déclic au sein de la tanière ? Plus inquiétant, cette démarche qu’on dit salutaire pour l’avenir de la sélection fanion ne va-t-elle pas plutôt provoquer des polémiques inutiles ? A l’image de la mission Milla, celle de l’ancien volleyeur va échouer sur l’indisponibilité des joueurs. 

3- Un comité provisoire de gestion au chevet des clubs d’élite

Le troisième et dernier exemple tourne autour des championnats d’élite. Les clubs, subjugués entre l’euphorie de la mise sur pied de la nouvelle Ligue de football professionnel (Lfp) et les tensions de trésorerie qui imposent leur loi, broient du noir. Dans une alchimie imprévisible, l’Association des clubs de première division (Acpd) est dissoute pour donner naissance à un comité provisoire de gestion (Cpg). Les présidents de clubs de l’élite décident à l’unanimité au cours d’une réunion extraordinaire à Yaoundé. Cette nouvelle instance chargée de « revendiquer les droits des clubs » est chapeautée par le patriarche Emile Onambelé Zibi, président du Tonnerre Kalara Club de Yaoundé.

En attente des subventions de l’Etat qui traînent, le Cpg va prendre sa première décision en annonçant dans la foulée le report du championnat si les équipes ne perçoivent pas le financement promis par l’Etat du Cameroun. Le Minsep croit bien faire en reconnaissant la légitimité de ce nouveau-né avec qui il entend poser des actions fortes dans le sens de la redynamisation du championnat local va très vite se raviser. Puisque le Cpg va se muer en une espèce de syndicat dont la fougue sur le terrain va finir par intimider l’Etat du Cameroun qui avait promis une subvention de 560 millions aux clubs répartis en trois trimestres. Où en est-on avec la feuille de route de ce comité qui n’a pas encore perçu la troisième tranche de la manne gouvernementale ? On continue de scruter le ciel… sans réponses. 

Christian TCHAPMI

 

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