09/11/2012 01:32:43
Football. Saison blanche et sche pour les slections nationales au Cameroun
Le pays est en deuil ! L’heure est aux lamentations.
Le Messager
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Le pays est en deuil ! L’heure est aux lamentations.

L’année 2012 qui s’achève ressemble à une année maudite, du moins si l’on s’en tient aux performances désastreuses enregistrées par toutes nos sélections nationales, engagées dans la course de la qualification à la Coupe des nations (Can) dans leurs catégories respectives. Entre honte, désillusion, déconfiture, déception et déshonneur, le Cameroun dont le sport roi est plongé dans un profond coma, a presque touché le fond en réussissant l’exploit de manquer à toutes ces prestigieuses compétitions. La faute aux acteurs certes, mais également aux responsables de l’implémentation de la politique sportive, plus occupés à se faire du lucre ou encore à se déchirer dans des querelles stériles. Morceaux choisis. 

1-Can 2013 : les Lions noyés dans la mer aux Requins
Dimanche 14 octobre 2012. Date historique, enjeu de taille. Le stade omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé a fait le plein d’œuf. Cet après-midi, les Lions doivent marquer au moins trois fois pour obtenir la qualification, le tout sans encaisser le moindre but. Et en ce sens, le sélectionneur national a sorti un onze de départ expérimenté et rôdé aux joutes du haut niveau européen, à l'image de Nicolas Nkoulou, Jean II Makoun, Alexandre Song et le goléador Samuel Eto'o de retour de huit mois de suspension. D'entrée, les Camerounais doivent faire face à une difficulté de plus pour espérer redorer leur blason, contraints désormais de marquer quatre fois pour participer à la prochaine Can en 2013. Et les poulains de Jean-Paul Akono se lancent à l'assaut du but adverse, réussissant quelques belles combinaisons face à un adversaire solide et bien recroquevillé dans sa moitié de terrain. Mais les visiteurs sont les premiers à frapper et Almeida parvient à faire trembler les filets de Carlos Kameni dès la 12e minute. 
Les Lions, dans un sursaut d’orgueil tentent d’inscrire le but égalisateur. Malgré l'égalisation rapide d’Achille Emana (22e), le Cap-Vert fera front presque jusqu'au bout, cédant une dernière fois devant Fabrice Olinga (90e). Mais il est trop tard... Malgré le soutien des 40 000 spectateurs qui ont fait le déplacement de Mfandena, la sélection nationale fanion n’a pas réussi à arracher son billet pour la Coupe d’Afrique. Le Cameroun vient de subir un nouvel affront en sortant prématurément de la campagne qualificative avant même le tournoi final programmé en janvier prochain. Ce qui est plus attristant est que, c'est le « petit » Cap-Vert qui s'est posé en bourreau notamment en s'imposant (2-0) à l'aller sur leur terre. Une nouvelle crise va éclater autour de la génération Eto'o qui, avec son leader emblématique, n'a plus rien gagné depuis 2002.
Le quadruple ballon d’or africain devra essuyer de nombreuses critiques, lui qui avait été suspendu il y a quelques temps pour avoir été à l’origine de la fronde ayant abouti au Marrakechgate. En attendant, les Lions Indomptables sont dans l'impasse, eux qui restent sur plusieurs échecs de rang. En 2012, déjà, ils n'avaient pas pris part à la Can, s'étaient qualifiés pour le Mondial 2010 mais avaient subi trois défaites en phases de poule.
En 2008, les Pharaons d’Egypte avaient triomphé d’eux en finale de la Can, deux ans après une qualification ratée pour la Coupe du monde 2006 avec ce fait de match devenu mémorable, celui du penalty manqué par Pierre Womé. En 2005, la désillusion était alors un avertissement et le nouvel échec d'octobre 2012 est là pour confirmer que la situation est chaotique. Peut-être est-il temps de tirer un trait sur quelques joueurs dont on dit semeurs de troubles pour reconstruire. Mais de quelle reconstruction est-il question lorsque le « Onze national » est enclin à plusieurs écueils résultant de la guerre entretenue sous cape par la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et le ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep) ? Un dilemme.  
2- Can juniors 2013 : la grosse désillusion des Lionceaux
On comptait sur eux pour avaler la pilule amère de leurs aînés de la sélection fanion. Mais ils ont fatalement déçu. Pourtant vainqueurs en match aller, les poulains d’Engelbert Mbarga ont mordu la poussière samedi 06 octobre 2012 face à la sélection junior de la République démocratique du Congo sur un score sans appel de 4 buts à 1. Une défaite synonyme de non qualification pour le Cameroun à la phase finale de la Can des juniors qui se jouera en Algérie l’an prochain. Notre « Onze junior » a laissé filer entre ses doigts sa qualification face à une équipe congolaise qu’elle avait pourtant malmené au match aller (2-0). Baudouin Lofombo l’avait dit et il l’a finalement fait. En fait, interrogé à l’issue du match qui s’est disputé le 22 septembre 2012 au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé sur la physionomie du match ; le sélectionneur des bébés léopards avait promis de remonter la pente et d’arracher son ticket qualificatif à la Can 2013. 
En bon meneur d’homme et en fin stratège, le technicien a remobilisé ses troupes, mettant sur pied un système de jeu dans lequel les bébés Lions sont tombés comme des proies dans une toile d’araignée. Difficile à croire mais pourtant vrai. Le Cameroun, vice-champions d’Afrique lors des deux dernières éditions de la Can de leur catégorie au Rwanda en 2009 et en Afrique du sud en 2011, ne sera pas du rendez-vous de l’Algérie.
Les coéquipiers de Emane Yazid, victorieux en match aller (2-0) vont devoir regarder la compétition devant le petit écran. Les Léopards juniors qui devaient surmonter un déficit de 2 buts à 0 concédés au Cameroun lors du match aller ont renversé la vapeur au retour notamment par l’entremise de Manzia Budge (7e et 38e minute Ndlr), Bukasa et Pierre Botayi Bamato qui va saler l’adition en inscrivant le quatrième but congolais. Charles Eloundou va sauver l’honneur du Cameroun à la (56e). Mais entre maladresse, hésitations et manque de réussite, le destin ne basculera pas. La Rdc, pour la première fois dans l’histoire, se qualifie. 
3-Can cadets : les bébés Lions mordus par les écureuils 
Richard Towa ne s’attendait pas à un tel verdict. Le sélectionneur de l'équipe nationale cadette de football masculin éliminée de la course qualificative vers la Can 2013 de cette catégorie prévue du 13 au 27 avril 2013 au Maroc, a eu vraiment du mal à digérer le match nul (1-1) concédé contre la sélection béninoise, en match retour du deuxième tour des éliminatoires qui s’est disputé samedi 27 octobre dernier à Yaoundé. Ses poulains, après cette déconvenue, va devoir également regarder la Can à la télé.
Pourtant, tous ceux-ci figuraient parmi les espoirs des Camerounais cette année. Les cœurs et les esprits n’étaient plus tournés que vers cette jeune équipe dont la détermination et la bonne organisation tactique révisées ces deux dernières semaines auraient suffit à renverser la vapeur après le score sans appel qui a sanctionné le match aller à Porto-Novo (4-1). Mais tous ces arguments n’ont pas finalement tournés à la faveur des locaux, refroidis dès la 17e minute de la rencontre, suite à l’ouverture du score sur penalty par l'attaquant béninois Ulrich Quenum. 
Les Béninois, très en confiance vont même manquer de saler l’addition à la 22e et à la 43e minute de jeu. Il faudra attendre la 62e minute pour qu’un penalty soit accordé aux Camerounais. Lequel est transformé par Fabrice Mbvouvouma qui remet les pendules à l’heure. Mais insuffisant pour obtenir un ticket de qualification. De quoi regretter les multiples occasions vendangées en seconde période par l’équipe camerounaise. Les carottes sont cuites et c’est le Bénin qui file tout droit vers la Can. D’ailleurs au mach aller le 14 octobre à Porto-Novo, les Ecureuils cadets, avaient largement battu les bébés Lions par 4 buts à 1. Pour le match retour à Yaoundé, les Camerounais étaient obligés de remporter la partie avec au moins trois buts d'écart sans en encaisser pour accéder au troisième et dernier tour des éliminatoires. C'est la deuxième élimination consécutive du Cameroun, après avoir manqué la Can cadette de 2011 au Rwanda. Bien dommage. 
4-Can féminine : Des Lionnes sans soutien 
Leur parcours à la Can féminine (qui se joue depuis bientôt deux semaines en Guinée équatoriale Ndlr) s’est stoppé net à la phase des demi-finales. On aurait voulu les voir brandir le prestigieux trophée de cette compétition dimanche prochain, mais les pouliches d’Enow Ngachu ont été incapables de franchir la forteresse du pays organisateur, déterminée à laver l’affront dont il a été victime lors des éliminatoires au tournoi féminin des Jeux olympiques 2012. Battue mercredi dernier (2-0), la meilleure équipe africaine 2011 n’a plus de conquête que cette 3e place qu’elle ira chercher demain à Bata, au bout d’une lutte sans précédent face aux Supers Falcons du Nigeria.
Seulement, l’élimination des Lionnes indomptables à ce stade de la compétition ne devrait plus surprendre ; surtout pour qui connaît la kyrielle de mésaventures qu’elles ont vécues cette année. Pourtant qualifiée depuis juin 2012 pour le rendez vous équato-guinéen, les Lionnes ont du poireauter pendant quatre bons mois avant de rentrer en stage. Il a fallu que les médias organisent une vaste campagne de dénonciation autour de cette maltraitance pour que le Minsep décide enfin à se bouger les pouces. Pourtant c’est au prix d’énormes sacrifices du staff technique complété par les efforts surhumains des joueuses que les coéquipières de Ngono Mani ont obtenu leur ticket pour cette 8e édition de la Can féminine.
 
Pendant que tous leurs homologues africains qui se sont qualifiés ont la tête dans les regroupements et les stages de préparation au pays ou à l’étranger, elles continuaient d’attendre désespérément que la date du stage leur soit communiquée. Au Minsep dont l’équipe nationale en est la propriété, on brandissait tout le temps comme argument les tensions  de trésorerie. A ce chemin de croix est venu se greffer l’éternel problème de primes à l’origine des éclats de voix dans la tanière. Face à la presse jeudi 25 octobre, (à la veille de leur voyage pour Bata Ndlr) Adoum Garoua, le ministre des sports et de l’éducation physique a longuement vanté le soutien constant et permanent du gouvernement à l’endroit des joueuses de la sélection nationale pour leur garantir une participation honorable.
Le patron des sports avait tenté sans pour autant convaincre la presse de ce que toutes les dispositions réglementaires en la matière ont déjà été prises rassurant qu’ « il n’y aura pas de problème à ce niveau. Le gouvernement va continuer à honorer ses engagements. En dehors des primes de victoires et de matches nuls, les joueuses recevront également des primes olympiques pour les différents stages effectués à Yaoundé. A cela il faut également ajouter des primes de participation à la Can et d'autres gratifications qui seront revus à la hausse selon l’échelon (en cas de qualification pour les demi-finales et la finale Ndlr ». Comme si ce chapelet de promesses (non tenues) suffirait à oublier le martyre que ces pauvres filles vivent au quotidien dans cette tanière maudite. 
Christian TCHAPMI
 

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