12/11/2012 04:07:14
Fcafoot. Un nouveau sige pour annoncer la campagne d'Iya Mohammed
Le président de la Fédération camerounaise de football procède demain mardi 13 novembre 2012 à Yaoundé, à la pose de la première pierre de l’édifice devant abriter les locaux de l’institution dont il a la charge. Mais cette cérémonie protocolaire cache mal le début d’une grande propagande électorale dans le but de permettre à l’homme fort de Tsinga de briguer un autre mandat à la tête de la Fécafoot.
Le Messager
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Le président de la Fédération camerounaise de football procède demain mardi 13 novembre 2012 à Yaoundé, à la pose de la première pierre de l’édifice devant abriter les locaux de l’institution dont il a la charge. Mais cette cérémonie protocolaire cache mal le début d’une grande propagande électorale dans le but de permettre à l’homme fort de Tsinga de briguer un autre mandat à la tête de la Fécafoot. 

Le sujet fait les gorges chaudes à la Fécafoot depuis plus d’un mois. Tous les administrateurs, se bombant le torse, en ont visiblement fait leur menu quotidien. Les adjectifs et le vocabulaire grandiloquents pour vanter et glorifier ce nouveau siège longtemps annoncé, prennent du volume au fur et à mesure qu’on s’achemine vers le jour-j. Pendant que certains le présentent comme une demeure seigneuriale, un monument historique ou encore un joyau architectural à la dimension d’une fédération respectable, d’autres le voient comme une lueur d’espoir dans le ciel étoilé de la gestion du sport-roi au Cameroun.

Marketing boulimique ou simple information ? Quoi qu’il en soit, cet imposant édifice de verre dont le coût total est d’environ deux milliards Fcfa, représente aux yeux des responsables de l’instance faîtière du football camerounais, beaucoup plus un solide argument de campagne électorale qu’une simple infrastructure qui viendra remplacer l’actuel et exigu siège de Tsinga. Même si ceux-ci savent pertinemment qu’après 14 années de règne sans partage, Iya Mohammed au regard de son bilan « catastrophique », devrait se garder de brandir comme unique trophée de guerre, la construction d’un nouveau quartier général.  

Mais aujourd’hui, ses pourfendeurs n’en ont que pour lui. Eux qui pensent que la stabilité et l’expérience dans la conduite des affaires d’une fédération comme la Fécafoot doivent plus que jamais constituer le socle de la bonne candidature. Par conséquent, « le candidat Iya a l’avantage parce que réunissant les deux critères. Il écoute beaucoup, parce qu’il est flexible, mais aussi a déjà pris la mesure des choses. Il mérite, plus qu’un autre en tout cas, que ses pairs lui accordent donc leurs suffrages puisque les acquis du président sortant à la tête de la Fécafoot sont suffisamment nombreux et importants qu’il mérite de continuer d’assainir notre sport-roi et de le conduire vers les cimes de l’excellence. Ce n’est qu’à ce titre que nous pourrons demain prétendre à une fédération digne du rang qu’occupe le sport-roi dans le quotidien de nos populations », lance sous cape un administrateur. 

A en croire les responsables de la cellule de communication, ce projet de la construction d’un nouveau quartier général est né du désir d’Iya Mohammed de « doter la fédération d’un siège moderne, fonctionnel et conforme à son statut actuel d’institution dynamique, ambitieuse et tournée vers l’avenir.» Ledit projet, apprend-on, est aussi le fruit d’une analyse profonde de l’ensemble des données contenues dans les documents fournis par le maître d’ouvrage, d’un recueil d’informations sur place et d’une expertise qui a permis à opérer. 

Tâtonnements

Fort à propos, « la recherche d’une image spécifique et caractérisant du nouveau siège de la Fécafoot a été un élément prioritaire du projet. L’urbanisation des alentours du site prévoit un boulevard commercial allant du carrefour du Palais des sports jusqu’à la fin de la rue en passant par la petite mosquée de la Briqueterie », peut-on lire dans le document de présentation dont Le Messager a eu copie.  Mais peut-on parler de bilan élogieux lorsqu’on sait que depuis 2007 la Fécafoot est restée de marbre face aux multiples complaintes des fanatiques du foot et des Lions indomptables ?

Ce, au mépris du peuple, au mépris de la patrie et de l'histoire des Lions Indomptables dont on l’accuse à tort ou à raison d’avoir contribué à sa descente aux enfers. À coups de tâtonnements, les carences connues se sont confirmées : les Lions confinés dans un vestiaire déjà empesté n'avaient plus d'adversaires pour les matchs amicaux en date Fifa sans que cela ne dérange personne à Tsinga. Que dire de la mort du football jeune, de l’abandon du football féminin et de la politique footballistique mal élaborée, à l’origine des performances désastreuses enregistrées par toutes les sélections nationales en 2012 ?  

C’est à croire qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’en réjouir puisque sur le plan des résultats, les Lions séniors n’ont disputé en 10 ans qu’une seule finale continentale disputée qu’ils ont malheureusement perdue contre l'Égypte en 2008 dans des circonstances tragiques. Une absence en Coupe du monde en 2006 (Allemagne), l'élimination prématurée en poule au Mondial 2002 (Corée/Japon), deux absences consécutives à la Coupe d’Afrique 2012 et 2013… La faute à une organisation calamiteuse, des grèves avant les compétitions pour cause de primes impayées, des contrats à problèmes des sélectionneurs. Si aujourd’hui personne ne semble capable de mettre son égo de côté afin de faire avancer les choses, on a la faiblesse de penser que ce n’est pas un nouveau siège qui viendra sortir le football camerounais du coma. 

Christian TCHAPMI

 

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