22/11/2012 04:05:09
Lions indomptables. La cte de popularit de Jean Paul Akono en chute libre
Encensé et acclamé par la presse et le public au lendemain de sa nomination à la tête de la sélection nationale fanion, Magnusson fait aujourd’hui l’objet de plusieurs critiques au sein du gotha footballistique. La légendaire casquette de « l’homme de la situation » qu’on lui a collé depuis des lustres, semble fondre dans son incapacité à redorer le blason de cette équipe en panne de victoires.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Jean Paul Akono

Encensé et acclamé par la presse et le public au lendemain de sa nomination à la tête de la sélection nationale fanion, Magnusson fait aujourd’hui l’objet de plusieurs critiques au sein du gotha footballistique. La légendaire casquette de « l’homme de la situation » qu’on lui a collé depuis des lustres, semble fondre dans son incapacité à redorer le blason de cette équipe en panne de victoires.   

Akono n’était donc pas le Messie ? Lui dont on dit avoir failli à sa mission de sauvetage. Le Cameroun a été sorti par le Cap Vert, malgré une victoire 2-1 et le retour de Samuel Eto'o. Certes, l’homme a gagné la partie face aux Requins mais la défaite de Denis Lavagne à l’aller à Praïa l’a vite rattrapé. Depuis, le héros de Sydney 2000 ne fait plus l'unanimité. Sa dernière liste pour le match amical contre l'Albanie le 14 novembre prochain a fait des émules. Les tirs nourris de la presse et du public ont presque désarçonné le technicien camerounais, appelé d’urgence au chevet du « onze national » le 17 septembre 2012.

Certains lui reprochent d'avoir écarté des joueurs qui lui aurait manqué de respect. D’autres, d’avoir plié l’échine devant le Pichichi, non sans installer un comptoir commercial au sein de l’équipe. Info ou intox ? Seul Magnusson sait où il mène sa barque. Mais le constat sur le terrain est tangible. Les fans des Lions indomptables qui brûlaient de revoir celui qu’on a affectueusement surnommé « sapeur pompier » à l’épreuve, n’ont pu digérer la pilule amère de ce match nul vierge (0-0). Ouvrant ainsi un boulevard aux critiques acerbes, aux polémiques de toutes sortes et par-dessus tout de la légitimité même d’un Jean Paul Akono à la tête de l’équipe nationale. Le pauvre coach en a eu pour son compte.

Le fameux match amical international à Genève mercredi dernier, parlons-en. Avec 57% de possession de balle, les poulains de Jean Paul Akono ont montré de la volonté et de l’engagement, manquant parfois de réussite. La rencontre pour laquelle les Camerounais avaient la faveur des pronostics a donné à voir une fluidité dans la distribution et un jeu en une touche de Joël Matip, lequel a apporté un peu plus de rythme dans l’entrejeu maitrisé de bout en bout par Jean II Makoun. En défense, la paire Nkoulou-Kana a maintenu le cap malgré quelques alertes à la tempête qui s’annonçait dans la surface des fauves. Ndy Assembe, lui, a fait son match avec un mérite : stopper la série de buts des dernières rencontres. Mais Eto'o et Olinga, Emana, Webo, Yontcha et Cie n’ont pu franchir la forteresse albanaise.

Ce match sans buts a donc donné l’occasion aux pourfendeurs d’Akono de réveiller les démons de la critique et de démonter un par un, ces arguments qu’on a toujours brandi pour justifier la nécessité d’un entraîneur national à la tête des Lions. Pour mieux remuer le couteau dans la plaie, certains médias, sans doute manipulés ou à dessein, ont annoncé une correspondance du ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) invitant la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) à lancer l’appel d’offre pour le recrutement d’un nouvel entraîneur sélectionneur. 

Sollicitude

Comme si cela ne suffisait pas, des Camerounais demandent aujourd’hui à Magnusson de choisir entre les Lions indomptables et la Direction technique nationale (Dtn) où il est adjoint numéro 1, alors qu’en le nommant Adoum Garoua savait bien que d’autres missions en rapport avec le football lui étaient déjà assignées. Sans le vouloir, celui qu’on a célébré hier est aujourd’hui la cible de ses fans. Vomi, honni et conspué comme on l’a souvent fait ces deux dernières années à l’endroit de ses poulains, sevrées de victoires. Autant le dire, l’ancien entraîneur sélectionneur du Soudan ne bénéficie plus de l’aura et de la même sollicitude que jadis.

C’est à se demander si l’homme dont on connait la grande gueule est aujourd’hui victime de ses propres turpitudes. Lui qui a cru bien faire en s’ouvrant aux médias comme jamais ses prédécesseurs ne l’ont fait. Lui qui, nostalgique a cru qu’avec un savant dosage entre « vieux » et jeunes Lions, l’équation de la victoire serait vite résolue. Lui qui a par contre mal agi en pensant que l’onction qu’il a reçu des « hautes autorités de la République » suffirait à surmonter les pièges, les intrigues et les coups bas entretenues par la Fécafoot et le Minsep. Jean Paul Akono est donc en zone de turbulence, otage de son overdose de « patriotisme ». A qui profite finalement cette cabale ? That’s the question.

Beaucoup pensent même déjà qu’avec l’arrivée d’une nouvelle équipe de techniciens étrangers, le groupe sera à nouveau très compétitif. Pour d’autres encore, la situation actuelle devrait être mise à profit pour faire un balayage au sein de la Fécafoot que certains présentent comme la principale responsable de la tourmente dans laquelle se trouve l’équipe notamment après la débâcle à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud et les deux Can successives manquées de 2012 et 2013. Quoi qu’il en soit, il est trop tôt de dire si, oui ou non, le staff actuel est à la hauteur du chantier de reconstruction même s’il faut avouer que le mois de mars n’est plus si éloigné de nous. 

Christian TCHAPMI

 

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités

PUBLICITE