17/11/2009 04:53:55
France - Eire : L'Afrique, si près, si loin...
Les Bleus se sont mis en position favorable en gagnant à Dublin (1-0), mais le match retour mercredi soir est loin d’être une formalité. Vigilance et humilité seront nécessaires pour espérer valider la qualification à la Coupe du monde 2010...
France soir
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Le plus dur est fait, et l’équipe de France n’a plus besoin que d’un match nul pour aller à la Coupe du monde. Les Français y croient ; mieux, le retour « sera du gâteau » tant les Bleus sont intrinsèquement supérieurs à leurs adversaires d’un soir. Cela ne vous rappelle rien ? Et Kostadinov, ça vous dit quelque chose ? Comme en 1993, il semble que l’équipe de France s’apprête à disputer cette rencontre décisive dans une atmosphère extérieure de grande confiance, comme si le sort était déjà jeté et les Irlandais éliminés. Il ne manquerait plus que les organisateurs prévoient le champagne et une chanson de Johnny Clegg à diffuser dans le Stade de France après la rencontre, comme jadis « l’Amérique » de Joe Dassin avait été préparée, et la comparaison sera encore plus pertinente.

Il existe, heureusement, une différence de taille : contrairement à beaucoup d’observateurs et d’amateurs de football, les joueurs tricolores apparaissent unis et sont, cette fois, convaincus que rien n’est encore joué, et qu’ils n’ont donc pas un pied en Afrique du Sud. « Non, j’ai les deux pieds ici, à Clairefontaine, assure Patrice Evra. Il ne faut pas faire de calcul, on a fait du bon boulot, “bravo les gars !”, mais il faut se qualifier », rappelle le Mancunien.

« Même s’il n’y a pas un grand pourcentage favorable pour l’Irlande, il y a des scénarios qui peuvent changer en moins de cinq minutes. Tout peut arriver dans le football. Il ne faut pas s’enflammer, on sera content quand on sera qualifié pour la Coupe du monde », estime, lui, Nicolas Anelka. « Cette victoire en Irlande fait qu’on est un peu plus en avance pour la qualification qu’eux, mais ce n’est pas fait », rabâche Raymond Domenech sur le site de la Fédération française de football.
Domenech : « L’attaque, notre point fort »

Les amateurs de football doivent, en effet, s’en convaincre : il a fallu un petit miracle pour que l’Irlande n’ouvre pas la marque, samedi, et rien ne dit qu’il se reproduise demain soir. Leur victoire offre certes un confort indéniable aux Français, mais les obligera aussi à ne pas trop se découvrir, donc à ne pas jouer vraiment libérés. « Ce sera un match spécial, parce qu’on ne sait pas trop ce qu’on doit faire... si on doit attaquer ou gérer le score… Mais je pense qu’on va jouer pour la gagne, comme ça on ne se mettra pas en danger », présume Anelka, conscient du fait que certains de ses jeunes coéquipiers risquent, même inconsciemment, d’évoluer avec le « frein à main ». Raymond Domenech est sur la même longueur d’ondes que l’attaquant de Chelsea « Il faut jouer, explique le sélectionneur.

Le match commence à 0-0. Notre point fort, c’est d’être capable de marquer des buts. Il ne faut pas accepter qu’ils viennent pour nous poser des problèmes. Il faut emballer le match. Jouons pour le gagner, c’est bien mieux. » L’attaque, le point fort des Bleus ? C’est presque, aussi, l’avis de Giovanni Trapattoni, qui estime en tout cas que la défense est bien le talon d’Achille des Français : « Ils prennent des buts », relève le sélectionneur italien de l’Eire. Ils en ont encaissé neuf exactement en dix matches de qualification, ce qui laisse des espoirs aux Irlandais.

Faut-il, dès lors, craindre à l’extrême cette sélection de la république d’Irlande ? Courageux, vifs pour certains d’entre eux, et athlétiques, ces Verts-là sont certes capables d’inquiéter les Bleus, d’autant qu’ils ont déjà prévenu que leur engagement serait encore supérieur à celui de Croke Park. Le principal adversaire des Français, cependant, est un ennemi intérieur : l’excès de confiance ne leur a jamais trop réussi, comme le prouvent les échecs cuisants des Euro 2004 et 2008 ou de la Coupe du monde 2002, abordés en favoris. Sans les sous-estimer, il faut donc avoir conscience du fait que la « catastrophe » qu’évoquait Alou Diarra, soit la non-qualification pour le Mondial 2010, est toujours possible. Le public du Stade de France, en particulier, aura un rôle immense à jouer : les Bleus auront grand besoin de son soutien total et continu, qui sera l’une des conditions à leur envol en Afrique du Sud. « On a besoin d’eux mercredi de la première à la dernière minute. On n’est pas qualifiés, on ne sait pas ce qui va se passer, il faudra pousser, pousser, pousser… », implore Raymond Domenech.

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