05/07/2013 01:15:52
Suspension du cameroun par la FIFA. Causes et consquences
On savait le Cameroun sur une corde raide. Mais de là à imaginer que le pays de Roger Milla essuierait les foudres de la Fifa, les fans de foot n’en reviennent pas. Ce qui n’était encore qu’une rumeur a été confirmée hier, jeudi 4 juillet 2013 en début d’après-midi.
Le Messager
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Fecafoot

La décision de la Fédération internationale de football association qui est tombée hier après-midi, fait suite à l'annulation des élections ayant conduit à la  réélection du président sortant de la Fécafoot, Iya Mohammed, écroué pour malversations financières présumées. Un coup dur pour le Cameroun puisque les Lions indomptables, engagés dans la campagne qualificative pour le Mondial-2014, ne pourront être  représenté dans aucune compétition pendant toute la durée de la suspension.

On savait le Cameroun sur une corde raide. Mais de là à imaginer que le pays de Roger Milla essuierait les foudres de la Fifa, les fans de foot n’en reviennent pas. Ce qui n’était encore qu’une rumeur a été confirmée hier, jeudi 4 juillet 2013 en début d’après-midi.

Très au fait de l’interminable feuilleton de la crise pré et post-électorale qui a secoué la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) depuis que le processus électoral a été lancé et des incidences malheureuses qui s’en sont suivies, le Comité d’urgence de la Fifa réuni à Zurich, a finalement décidé de suspendre provisoirement la Fécafoot « avec effet immédiat pour motif d’ingérence gouvernementale ». L’instance faîtière du football mondial, qui a pondu un communiqué y relatif sur son site officiel, reproche au gouvernement camerounais d’avoir violé les articles 13 et 17 de ses statuts. Lesquels imposent aux associations membres de gérer leurs affaires de manière indépendante et sans l’influence de tiers. Or, l’Etat du Cameroun qui s’est empressé de chausser les crampons pour rentrer sur l’aire de jeu, dans l’espoir de mettre fin à la « saignée », n’a fait qu’empirer les choses.

Il pensait pourtant bien faire, mais c’était sans compter que dans la droite ligne de son opposition à toute interférence politique dans les affaires du football, la Fifa, telle une mère poule, devrait sortir ses griffes pour protéger son poussin Fécafoot.

Que va-t-il donc se passer maintenant ? Dans la foulée, le Comité d’urgence de la Fifa prescrit la mise sur pied d’un comité de normalisation qui sera constitué « en vertu de l’article 7, alinéa 2 des Statuts de la Fifa afin de réviser les statuts de la Fécafoot et d’organiser de nouvelles élections d’ici au 31 mars 2014 tout en gérant les affaires courantes ». Pendant ce temps, l’administration de l’instance mondiale, de concert avec la Confédération africaine de football (Caf), sera chargé d’identifier et de désigner les membres dudit comité. « Le comité de normalisation agira en tant qu’organe électoral, et ses décisions seront définitives et contraignantes. Ses membres ne seront éligibles à aucun poste ouvert », précise la Fifa avant de rappeler que « la suspension sera levée une fois que les autorités camerounaises auront permis au comité de normalisation de pénétrer au siège de la Fécafoot et de pouvoir y mener sa mission sans entrave ».

Chan 2014

A la Fécafoot, la nouvelle est diversement appréciée. Le camp Begheni Ndeh qui a pris le pouvoir depuis vendredi dernier, accueille la nouvelle comme une bourrasque. Surtout en ce moment où l’équipe A’ du Cameroun était en pleine préparation du match aller des éliminatoires du Chan 2014 qui devait l’opposer aux bébés Panthères du Gabon. Alors que Emmanuel Ndoumbè Mbosso et ses poulains rassuraient le peuple en matinée quant à une victoire samedi prochain au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, la Fifa faisait voler aux éclats 15 jours d’intense préparation.

La suspension ayant effet immédiat, les Lionceaux n’ont d’autre choix que de s’apitoyer sur leur sort. « Nous allons seulement nous soumettre. Que voulez-vous que je dise ? On se plie. C’est tout. (…)», soupire l’entraîneur sélectionneur visiblement abattu. Dans le camp d’en face, on jette l’anathème sur l’équipe Begheni Ndeh qui, dit-on, a manqué de « diplomatie » et de finesse dans sa prise de pouvoir. On se souvient que le premier vice-président s’était installé dans ses nouvelles fonctions de président intérimaire grâce à l’intervention musclée des forces de l’ordre.

Toute chose qui n’était pas du goût de l’équipe du président sortant, reconduit aux affaires lors du scrutin du 19 juin. Elle qui estimait qu’elle est dans son droit en demeurant aux commandes en attendant la sentence en dernier ressort du Tribunal arbitral du sport (Tas) ; après avoir interjeté appel du verdict de la commission de recours des élections. Aujourd’hui, elle impute son malheur aux ennemis d’en face. La preuve, « on a informé la Fifa de l’envahissement par les forces de l’ordre de notre siège et des conditions drastiques auxquelles M. Ndeh et ses acolytes voulaient nous imposer. Ils ont même forcé et démoli la porte du bureau du secrétaire général Tombi à Roko alors qu’ils n’ont aucun mandat. Il a aussi été rapporté à Zurich que Antoine Essomba Eyenga est allé rencontrer le premier ministre hier pour lui demander quitus afin de porter la casquette de représentant du président de la Fécafoot au match Cameroun-Gabon, comptant pour les éliminatoires de la Chan qui devrait se disputer samedi prochain », révèle sous anonymat, un membre du Comité exécutif. A le croire, ce sont autant de griefs qui ont poussé la Fifa à hausser le ton.

Espoirs

Pendant toute la durée de la suspension, précise l’instance mondiale, la Fécafoot ne pourra être représentée dans aucune compétition régionale, continentale ou internationale, y compris dans les compétitions interclubs, pas plus que lors des matches amicaux. Enfin, « ni la Fécafoot ni aucun de ses membres et officiels ne pourront bénéficier de programmes de développement, de cours ni de formations de la Fifa ou de la Caf pendant cette période de suspension ». Actuellement leader du groupe I, après la défaite sur tapis vert du Togo (3-0), les Lions indomptables pourraient voir leurs espoirs d’aller au Brésil s’envoler si la sanction reste active jusqu’au 6 septembre, date du dernier match face à la Libye. En attendant, on continue de se lamenter.

Christian TCHAPMI


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