Le moins que l’on puisse dire est que l’agression, mieux la tentative d’assassinat d’un journaliste jeté dans une niche de chiens policiers au domicile de Alain Edgar Mebe Ngo’o, tout fraîchement chassé du gouvernement, aura été la goutte d’eau faisant déborder le vase des ressentiments des Camerounais vis-à-vis de cet homme qui, du temps où il était ministre de la défense, croyait que la présidence était à portée de son bras.
Ceux à qui il a longtemps fait du tort, et qui craignant pour leurs vies n’osaient pas le dénoncer, ne boudent pas leur plaisir de l’accabler depuis sa sortie du saint des saints. C’est le cas de cet enregistrement qui circule sur les réseaux sociaux, et qui revient sur le passage à tabac par ses hommes de main, il y a quelques années, de l’élue municipale de la ville de Zoétélé dont il est lui-même originaire.
Dans l’enregistrement, la victime, madame Mengue Kili, alors maire de l’arrondissement de Zoetele, relatait comment elle avait été violentée par la milice de Edgar Alain Mebe Ngo’o. Injurié et frappée par une bande de voyous (une dizaine d’individus) envoyé par Mebe Ngo’o, alors ministre de la défense en 2013, elle racontera que la scène eut lieu devant le poste de police de Zoetele. Selon l’auteur du post sur Youtube, la quinquagénaire fut brutalement tirée de son véhicule, insultée en public et battue sous le regard impuissant des policiers ne pouvant s’opposer aux personnes travaillant pour le puissant Mebe Ngo’o, alors pressenti comme le dauphin de Paul Biya. Prenant à témoins l’opinion nationale, le maire de Zoetele dit que sa vie ainsi que celle de ses administrés sont en danger, à cause d’un gang de malfrats armés, mis sur pied par le tout puissant ministre : « Le ministre Alain Mebe Ngo’o qui est un monsieur haut placé, au lieu de recruter les jeunes de son arrondissement, tout ce qu’il peut faire pour eux, c’est de les transformer en assassins ? Est-ce que c’est cela que cet arrondissement doit avoir comme récompense, avec tous les ministres que le chef de l’Etat nous donne », avait-elle alors interrogé.
Comme quoi, le « chassement » de Mebe Ngo’o du gouvernement a donné une occasion aux rats de sortir de ses placards.


