Alors qu’il est engagé depuis fin mars dans des affrontements concluants avec la secte terroriste Boko Haram, le président tchadien Idriss Deby Itno Déby vient d’instruire à ses troupes de ne mener des affrontements que sur l’étendue du territoire nationale. C’est à se demander s’il se désolidarise de cette cause continentale.
« A compter de ce jour aucun soldat tchadien ne participera à une opération militaire extérieure en dehors du Tchad », dixit Idriss Deby Itno, président tchadien à la télévision nationale et ce, après une grande opération militaire menée ces derniers jours contre les djihadistes de Boko Haram où l’armée dit avoir tué 1000 terroristes et perdu 52 hommes. Jeudi après-midi alors qu’il achevait une opération militaire qui a permis à l’armée tchadienne de chasser les éléments de Boko-Haram des îles du Lac-Tchad, Idriss Deby qui a aussi installé ses hommes au Niger et au Nigéria a déclaré devant les soldats que le Tchad risque de cesser de participer aux opérations extérieures.
La veille sur le même front, le président tchadien s’est indigné d’être seul sur le front contre Boko-Haram. Allusion à peine voilée au Nigéria, dont les territoires occupés par les islamistes ont toujours été reconquis depuis cinq ans chaque fois que les soldats tchadiens se retiraient. En manifestant son agacement, le président tchadien cherche-t-il à remobiliser ses partenaires autour de la cause commune ou montre-t-il des signes d’épuisement ? Les deux hypothèses tiennent selon de nombreux spécialistes. Depuis 2012, les effectifs de l’armée tchadienne sont sollicités en permanence au Mali, dans la région du Lac-Tchad, aux frontières de la Lybie, du Soudan et de la Centrafrique.
Le 23 mars dernier, alors que les troupes tchadiennes étaient attaquées par Boko-Haram, c’est un bataillon en route pour le Sahel qui a leur à donné du renfort. Selon un observateur averti, le Tchad est désigné pour lutter contre le terrorisme au Sahel et a intérêt de renforcer ses effectifs pour que le rempart ne cède pas. Cela signifie-t-il que l’armée tchadienne est la seule à participer à la lutte contre les islamistes de Boko-Haram à l’extérieure ? Ou alors est-elle juste abandonnée sur le terrain par les pays menacés par l’ennemie commun qu’est Boko Haram.
Il est sans ignorer que le Tchad est pays voisin du Cameroun. Donc, si ce pays ami et voisin est menacé par les attaques de la secte islamiste de Boko-Haram, les autres pays à l’instar du Cameroun, Nigéria, etc. devraient se sentir impliqués et renforcer les troupes tchadiennes dans cette lutte d’autant plus que c’est pour une cause commune. Un repli du Tchad est un mauvais signal pour les autres pays tant ils devront faire face tout seuls aux éventuelles attaques sur leur sol.
Dexter Mve


