Pour ces camerounais de la diaspora qui veulent faire entendre au monde la tragédie de leur peuple, ce n’est que le décor qui a été planté avec les manifestations commencées ce 22 septembre au Cameroun et violemment matées par les forces de répression.
Des Camerounais sont certes descendus dans la rue mardi pour demander à Paul Biya de s’en aller. Mais la peur instillée dans les esprits par le régime de terreur a encore fait son travail, ankylosant la plupart des citoyens qui voulaient bien exprimer leur ras-le-bol contre le régime tyrannique en place, et laissant peu de marge de manœuvre aux plus téméraires qui ont accepté de risquer leurs vies et leurs liberté, mais qui, faute de soutien, se sont retrouvés pris en tenailles par les forces de répression.
Résultat, quoique pour l’instant on ne déplore pas encore de morts pour cette journée du 22 septembre du fait de la terreur inspirée par le gigantesque déploiement des forces armées (armée et police) à différents points des villes depuis quelques jours, on note des dizaines d’arrestations et de blessés par balles, particulièrement à Douala et Yaoundé, et aussi dans les régions. Au grand mécontentement des Camerounais de la diaspora, qui ont battu le pavé depuis près de deux semaines dans leurs pays de résidence, espérant que pour une fois, ceux restés au pays auront le courage –quelles que soient les circonstances, de défier frontalement le régime en faisant pacifiquement comprendre à l’armée et à la police qu’elle n’ont pas d’autre alternative que de se ranger du côté du peuple
C’est le cas notamment la diaspora du Cameroun au Canada.
Exaspérés en effet par le comportement barbare des forces de défense et du maintien de l’ordre qui se sont associées au pouvoir pour faire régner l’“ordre Biya” dans les villes camerounaises, les Camerounais du Canada ont décidé de s’approprier la mission diplomatique de leur pays dans la capitale du « pays à la feuille d’érable », jusqu’à ce que les choses changent au Cameroun.
A en croire le plan d’action filtrant des commentaires faits par la vingtaine des manifestants présents à l’Ambassade du Cameroun à Ottawa, les occupants de la mission diplomatique qui sont munis de leurs sacs de couchage croitront en nombre au fil des jours, car la révolution est partie pour ne pas s’arrêter avant la chute du régime.

