Ce sont les Avocats Hyppolite Meli et Emmanuel Simh, qui ont annoncé vendredi soir sur la plateforme Youtu.be la libération de la présidente du Mouvement des femmes du MRC, Mispa Awasum.
Comme pour donner la preuve vivante de cette petite mais significative victoire du droit sur l’arbitraire, les deux membres du Collectif Me Sylvain Souop étaient accompagnés de leur camarade embastillée en compagnie de 21 autres femmes le 21 novembre dernier, et mise en détention provisoire à la prison de Kondengui le lundi 23 par le Commissaire du Gouvernement (Procureur militaire) près le Tribunal militaire de Yaoundé, pour une durée de 6 mois.
Me Mispa Awasum et ses camarades avaient été arrêtées pour avoir protesté pacifiquement samedi dernier contre la séquestration à son propre domicile du leader de leur parti (le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun –MRC-), le Pr. Maurice Kamto, coupable lui aussi d’avoir appelé les Camerounais à protester pacifiquement pour obliger le président de la république, Paul Biya à choisir entre démissionner de ses hautes fonctions, et mettre fin au holdup politique permanent que constituent, d’une part, la poursuite de la guerre –en lieu et place d’un véritable dialogue inclusif entre les sécessionnistes et le gouvernement dans les deux régions anglophones du pays, et d’autre part, l’organisation d’élections non seulement dans ce contexte de guerre civile qui exclue de fait une bonne partie de la population, mais aussi dans un contexte politique marqué par la méfiance vis-à-vis d’une loi électorale faisant des concurrents du parti au pouvoir de simples accompagnateurs interdits de la moindre illusion, si oui celle de se contenter, le cas échéant, du score électoral que voudrait bien leur attribuer le régime au travers de son organe électoral et de son Conseil constitutionnel.
La mise en détention de la cadre du MRC et d’une autre de ses camarades, madame Boyom Rosine -libérée mercredi, quant à elle-, avait aussitôt mobilisé les membres du Collectif Sylvain Souop constitué pour défendre les victimes des arrestations arbitraires perpétrées par la police et l’armée du régime de Yaoundé, dans le but de museler les Camerounais qui protestent contre le holdup politique permanent évoqué supra.
Si la libération de madame Awasum que tout le monde –elle y compris- apprécie à sa juste mesure, constitue une victoire de la raison et du droit sur la violence gratuite et la barbarie, cette nouvelle donne, inattendue, voire surprenante pour ceux qui connaissent le caractère rancunier du régime et de sa justice aux ordres, représente cependant un grain de sable dans la mer. Selon Me Emmanuel Simh, la remise en liberté de sa camarade représente un cas sur 150 libérations attendues.



