L’ambiance à Bamendjou ce 30 janvier 2021 était à la « personne n’entre, personne ne sort ». Du bouclé propre ! Pour ce groupement qui a le malheur, du moins aux yeux de la satrapie camerounaise gouvernante, d’avoir à sa tête un chef supérieur, gardien des traditions ancestrales, qui n’hésite pas à appeler un chat, « chat », un cochon, « cochon ».
Le groupement du chef iconoclaste était sous Etat d’urgence en bonne et due forme ce samedi 30 janvier, malgré que pressentant un bain de sang type grand format, le Fô Rameau Sokoudjou avait demandé très clairement l’annulation des manifestations pour le soutenir qu’avaient organisées ce jour par des Camerounais désireux de montrer leur gratitude au seul Grand qui a choisi de se mettre du côté de la majorité qui a soif… de justice sociale, plutôt que de commercer avec la minorité qui s’ennuie d’abondance, se lave la figure avec du champagne et se brosse les dents avec du grand cru.
Il ne devait pas y avoir de manifestation de soutien à ce chef de groupement de l’Ouest que le préfet Bamoun Yampen Ousmanou a récemment mis en garde de manière répétitive pour le caractère “anti-républicain” de ses appels lancés au chef de l’Etat camerounais pour qu’il réponde à son peuple en détresse, alors que dans son Noun natal le chef supérieur Mbombo Njoya, militant assumé du parti au pouvoir, règne comme un véritable chef d’un Etat… monarchique à part entière, dont le préfet, les sous-préfets et les maires ne sont que des valets, ou des sujets.
Mais le régime qui aime à bander des muscles inutilement pour terroriser le peuple avait quand même déployé ses tontons-macoutes, suscitant l’hilarité de la planète réseaux sociaux, comme en témoigne ce post sur Facebook d’un activiste camerounais basé en Allemagne.
Gare aux mêmes effets que produisent les mêmes causes
Comment ne pas rire à en pleurer quand on sait que des actes barbares de musèlement semblables à celui de ce 30 janvier à Bamendjou ont par le passé produit une situation inextricable au cameroun, comme cette guerre civile qui a rendu tout le monde fou, bête et méchant dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest ? Ici, les populations marchaient avec des branches d’olivier pour manifester à l’intention du régime leur désir de paix. Ils ont été tirés comme des lapins et poussés à jeter les branches d’arbre de la paix pour porter des armes de guerre. On en est là depuis 2016.
A Bamendjou, les Camerounais venus de partout voulaient marcher en tenant entre les mains des graines de jujube, signe de paix. On les en a dissuadé avec morgue et ostentation, non sans établir un état de siège autour du palais de Sa Majesté Sokoudjou. D’ici à ce que ces Camerounais empêchés de s’exprimer pacifiquement estiment qu’ils n’ont plus leur place dans le grand Cameroun, il n’y a qu’un pas. J’ai ouï-dire que c’est la somme des injustices refoulées par leurs différentes composantes qui ont fragilisé et fait imploserles grandes nations d’antan.


