La nouvelle de la mort de l’archevêque émérite de Douala a fait l’effet d’une bombe au Cameroun et pas seulement. Le flot des messages de compassion à l’endroit du défunt a été troublé par une vidéo devenue virale qui présentait le corps gisant sans vie de l’ecclésiastique. Il nous revient que l’auteur de la vidéo macabre est un infirmier en service dans une structure hospitalière catholique de la ville de Douala, commis pour veiller sur le prélat. S’il a avoué son acte, pour le justifier, ce dernier argue que son intention était de donner une preuve concrète de sa présence sur les lieux à sa compagne.
Geste de maladresse ou course effrénée vers les commentaires et partages sur les réseaux sociaux, l’acte du personnel de santé lui coûtera cher. Il est pour l’heure en détention à la Police judicaire de Yaoundé, mais rien n’a encore été décidé sur son sort. Devant cet outrage odieux l’indignation était grande , des voix s’élèvent pour exiger une sanction exemplaire au mis en cause; notamment des membres du clergé et des organisations de défense des droits de l’Homme.
Archevêque émérite de Douala depuis 2009, le Cardinal Christian TUMI aura été l’un des cardinaux les plus conciliants sur des grandes crises que traverse son pays. Il s’est plusieurs fois engagé pour la préservation de la paix et la défense des droits de l’Homme. Il était d’ailleurs un acteur de choix et crédible dans la résolution du conflit dans les régions à majorité anglophone du Cameroun. C’est à son initiative que la All Anglophone Conference (AAC), (une assise qui devait rassembler les anglophones des tendances dans ces deux régions), afin de déboucher sur un dialogue national. Le gouvernement s’était employé à annuler sourdement la concertation.


