Après quelque vingt années au sommet de la Russie, Vladimir Poutine compte bien y rester pour beaucoup d’années encore. Le natif de Léningrad a signé ce 5 avril une loi l’autorisant à se présenter deux fois de plus à l’issue de son mandat en 2024; un mandat à l’issue duquel il était censé se retirer tant la législation russe limite le nombre de mandats consécutifs à deux . Seulement, ce texte qui avait été définitivement adopté par le Parlement en mars 2020 par référendum constitutionnel dispose que « cette restriction ne s’applique pas à ceux qui occupaient le poste de chef de l’État avant l’entrée en vigueur des amendements à la Constitution», peut-on lire entre les lignes du texte.
Vladimir Poutine est donc assuré de diriger son pays jusqu’en 2036 à travers cette touche d’innovation législative. Il avait usé d’une autre stratégie pour se maintenir à la fin de ses deux premiers mandat en 2008. Il avait notamment enfilé pendant 4 ans le costume de premier ministre, cédant son fauteuil à son chef de gouvernement, Dimitri Medvedev. Vladimir Poutine a repris le Kremlin en 2012. Critiquée par l’opposant Alexeï Navalny-en détention- et certaines organisations de la société civile, qui n’y voient qu’un leurre au peuple russe, la nouvelle constitution intègre plus d’un principe conservateur sans doute à l’initiative de Vladimir Poutine. Elle rend obligatoire la croyance en Dieu, réserve le mariage aux hétérosexuels, instaure une éducation plus centrée sur les valeurs russes, et plus important, elle garantit l’immunité à vie à tous les chefs de l’Etat. A l’issue de son dernier mandat, il en aura fait au total 24 ans au sommet de la fédération de Russie. Une grande première en Russie après les présidents Boris Eltsine (8 ans) et Alexandre Routskoï (1 mois).



