Après la Cédéao le 30 mai dernier, l’Union africaine a annoncé le 1 er juin mardi la suspension du Mali de toutes ses instances jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel normal soit rétabli. Dans le communiqué adopté par le Conseil de paix et de sécurité de l’institution, il est demandé aux militaires maliens au pouvoir de regagner d’urgence, « sans conditions » leurs casernes et de s’abstenir de toute nouvelle ingérence dans le processus politique au Mali. Autant de sanctions qui viennent mettre les militaires putschistes sous pression. Des mesures qui ne sont naturellement pas bien accueillies par les autorités de transition.
Pour Amadou Maiga, le premier secrétaire parlementaire au Conseil national de transition «Le Mali n’est pas isolé. Les sanctions qui sont là sont des sanctions diplomatiques. En la matière, c’est ce qu’il faut lorsqu’il y a rupture de gouvernance. Ce que je déplore, c’est que ces sanctions auraient pu être évitées par la Cédéao et l’Union africaine. ». Il rappelle que ces organisations n’ont rien fait pour anticiper la crise, alors qu’elles étaient témoins du calvaire dans lequel était plongé le Mali. « Il a fallu que notre armée patriotique intervienne pour qu’ils se mettent à nous imposer des sanctions. Or, ils auraient dû aussi imposer des mesures d’amélioration de la gouvernance», regrette-t-il.
Ces sanctions sonnent comme une opportunité pour le Mali selon plusieurs observateurs. Cette période sous sanction peut permettre au Mali de se relever, si toutes les tensions sociopolitiques sont adressées de manière profonde pour revenir à l’ordre constitutionnel normal et redevenir rapidement un pays avec une légitimité démocratique. Une consolation qui contraste avec la possibilité d’autres sanctions dans les jours prochains. l’Union européenne et les Nations unies pourraient également mettre une croix sur le Mali.
