Au nom de l’argent
Les interminables séjours de Paul Biya ont dernièrement occasionné d’importantes manifestations, perturbant la bonne marche de l’hôtel Intercontinental à Genève. La détermination des Camerounais de la diaspora à inciter Paul Biya à moins se moquer du peuple camerounais, en se payant des pérégrinations hors de prix alors que le Cameroun traverse une période sombre de son histoire. L’ampleur des dérives et surtout l’agression d’un journaliste suisse par six gardes du corps du président camerounais en 2019 avait d’ailleurs poussé le Grand conseil du canton de Genève à tabler sur la possibilité de l’interdiction des séjours de Paul Biya en Suisse.
Il n’en a rien été. Du moins, l’intérêt de la nation helvétique dans ces séjours était si important qu’elle ne pût pas s’en passer. À preuve, une nuitée de Paul Biya et de son entourage à Genève coûte environ 40000 dollars, sans compter les déplacements en avion. C’est donc au nom de l’argent, comme à son habitude, que la Suisse accueille et protège le plus vieux dictateur au monde, pour lui permettre de savourer tous les plaisirs pendant que son peuple vit le bohème.
Advienne que pourra
Les combattants de la Brigade anti-Sardinards considèrent la venue de Paul Biya en Suisse, deux ans après son séjour écourté, comme un acte de provocation à son endroit. Ils ont promis se mobiliser mieux qu’ils ne l’avaient fait en 2019 pour faire regretter au régime Biya son acte de défiance. C’est sans toute pourquoi dans un communiqué publié le mercredi 14 juillet 2021, la police Cantonale de Genève a donné des directives à la population par rapport à la manifestation prévue par la diaspora camerounaise ce 17 juillet 2021. L’organisme de maintien de l’ordre a pris des dispositions pour avoir la maîtrise de la situation entre 9h30 à 18h00. C’est dire que la Suisse mise sur l’option offensive en cas de débordement; ce qui n’a rien pour faire reculer les manifestants, comme durant les années antérieures.
Alors que l’urgence de la résolution de la crise dans les régions à majorité anglophone, qui fait des morts depuis 2016, l’apaisement du climat sociopolitique après des scandales ignobles dans lesquels sont cités des cadres du régime Biya. Voilà qui vient à nouveau étaler le degré d’indifférence exacerbé dont est habité Paul Biya ; lui qui n’a pas levé le petit doigt pour son ancien collaborateur Gervais Mendo Ze jusqu’à la tombe, lui qui est resté de marbre face à toutes les bonnes idées du Cardinal Christian Ntumi pour la résolution de la crise anglophone, jusqu’à ce qu’il ne meurt, lui qui a à peine rendu hommage à la défunte épouse du président Ahidjo, Germaine Ahidjo jusqu’à sa mort à contrario du président sénégalais, Macky Sall. Lui qui s’est littéralement moqué de la légende Manu Dibango après sa mort par des hommages réducteurs et malvenus(…)


