Un peu plus de 90 203 Camerounais sont complètement vaccinés contre le coronavirus à ce jour selon des récentes compilations du ministère de la Santé public. Un chiffre qui ne représente que 0,6 % de l’objectif que s’est fixé le département ministériel au lancement de la campagne de vaccination en avril dernier, à savoir : vacciner 20 % de la population camerounaise en l’espace de cinq mois. Les hommes de médias et leaders religieux ont vu venir cet écart en raison de leurs contacts permanents avec les communautés « Les fidèles ont peur parce qu’on dit que le vaccin c’est un poison qui va permettre de diminuer la population. Ils reçoivent de nombreux messages dans ce sens sur les réseaux sociaux, ce qui développe en eux la peur du vaccin contre le coronavirus », confie Mme Madeleine Fosso, leader religieuse. Le journaliste Rostand Tchami, en service au quotidien Le Messager ajoute que « Les populations nous font comprendre que derrière le vaccin se cache la théorie du complot. Que c’est un moyen pour les occidentaux de faire en sorte que les Africains deviennent les béni-oui-oui. Selon eux, dans le vaccin, il y a une substance qui permet de contrôler vos décisions dès que vous êtes vaccinés. »
La vaccination contre le Covid-19 est pourtant importante à plus d’un titre « La vaccination sauve des vies. C’est une intervention complémentaire qui permet réduire les risques de faire les formes graves de covid-19 et d’en mourir. La vaccination permet également de limiter le nombre de personnes hospitalisées. », rappelle le Dr Fabrice Tchindé, membre de la direction de la promotion de la santé au ministère de la Santé publique et chef d’unité sensibilisation dans le cadre de la riposte contre le covid-19. En réponse aux personnes qui estiment que les vaccins sont dangereux Shalom Ndoula, le Secrétaire permanent du programme élargi de vaccination, précise « La vaccination se base sur le principe de bienfaisance. Donc il contribue à la santé, mais on prend en compte les rares cas d’effets indésirables que ça pourrait provoquer avec une prise en charge rapide. En réalité, c’est quelque chose qui peut arriver, mais qui est mineur. Ça indique que le vaccin est efficace pour créer la réaction immunitaire recherchée. »
C’est pour amplifier ce message et inverser la tendance que le Minsanté et ses partenaires ont organisé l’atelier de ce 1er septembre 2021 dans la commune de Mbankomo « Nous devons travailler avec la société civile, avec les professionnels qui peuvent être des porteurs des messages auprès de la population, et livrer la bonne information pour aussi contribuer à lutter contre la désinformation qui est le principal facteur de la lenteur de la vaccination dans notre pays », a indiqué Shalom Ndoula, le Secrétaire permanent du programme élargi de vaccination.
Si l’on en croit des journalistes et leaders religieux qui ont pris part à la session, l’objectif a été atteint à l’issue des 3 heures d’échanges, mais bien d’autres actions peuvent être menées pour inciter plus de Camerounais à se porter volontaires à vaccination « Il faut qu’on se rassure que les autorités en charge de la promotion de la santé publique parlent de la même voix et prêchent par l’exemple. Il faut également trouver des cadres où on peut répondre constamment aux Fakenews, afin de rassurer la population », suggère le Dr Fouapon Alassane, conseiller technique du conseil des imams et dignitaires musulmans du Cameroun. En date du 31 août 2021, le Cameroun a enregistré 1357 morts des suites du covid-19 et toutes les tranches d’âge sont désormais menacées. Le ministère de la Santé publique entend lancer dans les jours qui viennent d’une autre campagne de vaccination nationale et maximiser la sensibilisation, afin de limiter les ravages de la pneumonie virale sur le sol camerounais.



