C’est le tribunal militaire de Buéa qui a condamné mardi derniers les quatre personnes à une « exécution en public par peloton d’exécution » pour « actes de terrorisme, hostilité envers la patrie, insurrection et meurtre », selon le communiqué du ministère de la Défense. Ces derniers sont accusés pour le meurtre de sept enfants, âgés de neuf à douze ans en octobre dernier. Ils avaient ouvert le feu dans leur école à Kumba, dans la région du Sud-Ouest. Le ministère de la Défense a indiqué qu’ils ont dix jours pour faire appel de cette décision. Plusieurs condamnations à mort ont été prononcées contre des séparatistes ces dernières années, bien qu’aucune exécution n’ait eu lieu au Cameroun depuis plus de deux décennies.
Depuis l’enlisement du conflit en 2016 dans ces deux régions, en plus d’attaquer les troupes et la police, les séparatistes des deux régions anglophones attaquent des bâtiments considérés comme un symbole du « Cameroun francophone ». Il s’agit notamment des écoles, et des enseignants tués, bien que l’attaque de Kumba ait marqué la première mort d’élèves. L’attaque visait une école bilingue, la Mother Francisca International Bilingual Academy. En dehors des 7 enfants tués, plus de 10 autres ont été blessés par balle ou à la machette.
En février, l’armée a déclaré avoir tué le chef du groupe attaquant, un individu surnommé « Above the Law », et quatre autres séparatistes. En novembre 2019, l’UNICEF a révélé que 855 000 enfants ne sont pas scolarisés dans les régions à majorité anglophone. A la publication de ce rapport, 90 % des écoles primaires publiques et 77 % des écoles secondaires étaient fermées ou non opérationnelles. En raison de la crise anglophone, plus de 3 500 personnes ont été déjà tuées et plus de 700 000 ont fui leurs villages.



