L’heure n’est pas à la diplomatie à Bamako ! C’est du moins l’interprétation que l’on a de l’attitude des putschistes conduits par le vice-président de la transition, le Colonel Assimi Goita qui a fait mettre aux arrêts le 24 mai le président Bah Ndaw, et le Premier ministre, Moctar Ouane, suite à un désaccord sur la formation du dernier gouvernement qui a vu deux colonels proches de Assimi Goita écartés au profit de deux généraux.
Le Colonel Goita qui redouterait sans doute que les négociateurs de la Cedeao parviennent à ôter de sa tête et de celles de ses compagnons d’armes l’idée d’une prise effective du pouvoir -comme c’était le cas l’année dernière après le renversement de Ibrahim Boubakar Keita-, aurait décrété persona non grata à Bamako l’émissaire en chef de la délégation de la CEDEAO, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui avait conduit les négociations de 2020 qui avaient abouti sur la cession du pouvoir par les militaires au civil Bah Ndaw.
C’est ainsi qu’à peine sa délégation avait foulé le sol malien ce mercredi matin, Jonathan Goodluck a été renvoyé aussitôt par le nouvel homme fort.
Une rencontre prévue mercredi entre les deux hommes (Goodluck Jonathan et Assimi Goïta) a été annulée sans autre forme de procès, du moins selon les informations dont Cameroonvoice est en possession.
Selon nos informations, la délégation de la CEDEAO se trouvait encore au niveau du jardin Zoologique de Bamako, quand le service du protocole d’Etat malien sur instructions d’Assimi Goïta l’a avisée de l’annulation de la rencontre. La délégation est donc retournée à l’hôtel Azalaï où elle avait pris ses quartiers quelques minutes plus tôt, et attend la suite, alors que des informations concordantes font état d’une probable annonce de leurs démissipar le président Ndaw et le P.M Ouane.
L’humiliation de la délégation Goodluck par Assimi que les anti-IBK considèrent comme celui qui a mis fin au régime du supplétif français Ibrahim Boubakar Keita, a été très applaudi par de nombreux Africains, qui se souviennent que l’an dernier, la CEDEAO, avec toujours Jonathan Goodluck à la manœuvre, avait œuvré, mais en vain au rétablissement au pouvoir de IBK renversé par l’armée à la suite d’une révolte populaire.
