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L’Iran est-il proche de la bombe atomique?

Au grand dam d'Israël ou des États-Unis, le pays continue d'avancer dans son programme.

Mercredi soir, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran avait débuté la production d’uranium métal, en violation avec ses engagements de l’accord de 2015, signé avec six grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

L’agence onusienne explique avoir procédé à la vérification de 3,6 grammes d’uranium métal dans l’usine d’Ispahan au centre du pays.

Cette annonce n’a rien de surprenant: les autorités du pays avaient fait savoir dès mi-décembre 2020 qu’elles comptaient produire cet uranium métal, officiellement à des fins de recherche civile.

Mais comme le fait remarquer le Wall Street Journal, l’uranium métal présente peu d’intérêt en dehors de son utilisation militaire. En effet, l’uranium métal est plutôt considéré comme un déchet de l’enrichissement d’uranium, sans grande valeur énergétique.

Grâce à son très fort pouvoir pénétrant, il peut éventuellement servir dans la fabrication de missiles anti-char, mais en aucun cas constituer l’ingrédient principal d’une «vraie» bombe atomique.

Bien que la production d’uranium métal constitue une violation patente des accords, ce n’est pas le plus préoccupant, selon le Wall Street Journal.

En janvier, l’Iran a également annoncé avoir commencé à produire de l’uranium enrichi à 20%, ce qui là encore contredit l’accord de 2015. C’est encore loin d’être suffisant, étant donné qu’il faut de l’uranium enrichi à 90% pour construire une bombe atomique.

Mais avec 200 à 250 kg d’uranium à 20%, il est possible d’obtenir 25 kilos à 90%. L’Iran détient actuellement 2.443 kilos d’uranium enrichi à 3,67% ou 4,5%: de quoi fabriquer deux armes nucléaires, selon les experts.

Loin du compte

Même en supposant que cela se réalise, on est encore loin du compte. Car l’uranium constitue uniquement le combustible. Il faut ensuite fabriquer un détonateur, déclencher la fission, et surtout disposer d’un missile capable de transporter la tête nucléaire, ce qui nécessite de miniaturiser suffisamment la bombe pour la transporter sur une ogive.

En combien de temps l’Iran peut-il y parvenir? Les avis des experts divergent. Certains estiment qu’il lui faudrait 2 à 3 ans, quand d’autres pensent que l’Iran pourrait se doter d’une arme nucléaire «basique» d’ici un an.

Cela paraît en réalité bien peu probable, d’autant plus que l’Iran a connu une série de revers ces derniers temps, avec notamment l’assassinat en novembre de Mohsen Fakhrizadeh (probablement dans une attaque du Mossad), le physicien père du programme nucléaire militaire iranien dans les années 1990 et 2000.

L’été dernier, une série d’explosions a frappé plusieurs installations nucléaires stratégiques, dont le complexe nucléaire de Natanz, où sont assemblées et testées des centrifugeuses utilisées pour la production d’uranium enrichi (des «sabotages» évidents selon les Iraniens).

Tout cela devrait ralentir les avancées du pays vers une possible bombe –si toutefois l’Iran continuait à vouloir s’en doter.

Source : Korii Slate

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