La condamnation de Clément Bonda Ytembe a profondément ému le célèbre musicien camerounais Richard Bona. Il regrette que ce sort soit réservé à un jeune travailleur acharné pourtant maltraité par son employeur. Devant une justice à deux vitesses qui sanctionne les plus défavorisés, Richard Bona se met au côté de ce jeune qui traverse certainement le pire en prison. Dans un message laconique sur sa page Facebook « Je ne suis pas d’accord. Je suis pour une société qui tend à être égalitaire… Je ne connais pas ce jeune homme (travailleur). Mais à sa sortie de prison, je trouverai un moyen de lui remettre son manque à gagner », rassure l’artiste à l’endroit de ce jeune.
Il permettra, sans doute, avec ses propres moyens à Clément Bonda Ytembe de bénéficier d’une condition de vie meilleure à sa sortie de prison. Son message vise d’abord à lui insuffler du courage, à le rassurer qu’il n’est pas seul dans cette épreuve. Richard Bona veut ainsi faire comprendre à ses compatriotes dans la souffrance que leur souffrance ne sera pas éternelle. Le geste humanitaire de l’artiste a été très apprécié par de nombreux Camerounais.
Le grand geste d’humanité annoncé par Richard Bona ne sera cependant possible que si le jeune camerounais sort vivant de la prison. Il est commun que des détenus succombent à des actes de torture dans leur prison. Il y a également à espérer que ce geste inspire d’autres personnes soucieuses du cri d’alerte des Camerounais d’en bas qui vivent le martyr pendant que des dirigeants se la coulent douce sans être inquiétés. C’est pour inverser cette tendance que Richard Bona ne s’est pas découragé dans son élan de voler au secours d’une jeunesse abandonnée par un régime voyou.
Rappelons que le jeune Clément Bonda Ytembe a, dans une séquence vidéo, dénoncé les difficiles conditions de travail à la Php, insultant le chef de l’Etat et le gouvernement responsable du détournement des fonds Covid évalués à 180 milliards Fcfa, alors qu’ils travaillent dignement pour des salaires misérables. Dans la mosaïque des griefs retenus contre lui, on peut parler de publication et propagation de fausses nouvelles par voie de réseaux sociaux, d’outrage à président de la République en coaction, d’outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires. Des faits punis et réprimés par le Code pénal. Et pourtant, depuis que le Covidgate a commencé, on n’a arrêté personne. C’est plus facile de condamner les enfants abandonnés à eux eux-mêmes.
