Qu’il est loin ce moment d’humanisme, ou les partisans du régime en place au Cameroun faisaient montre d’une inégalable grandeur d’âme ! C’était pourtant il y a seulement trois mois. Ils poussaient alors à l’envi des cris d’orfraie pour fustiger le manque d’humanité de ces “opposants”, “tontinards” “talibans” “sans papiers”…, ces “ethnocentristes-tribalistes-bamilékés-hors-la-loi-“ refugiés en Europe et aux Amériques, qui s’évertuaient à monter au créneau pour dénoncer les petits soins médicaux que s’offre régulièrement -et aux frais de la princesse- leur fantomatique président de la République.
Des soins qu’ils estiment à tort ou à raison indécents, insolents et injustifiés, parce que reçus dans des hôpitaux européens (suisses notamment) alors qu’un petit effort gouvernemental aurait permis au pays de l’immortel Nnom Nguii national d’offrir de pareils soins aux hommes interdits de bonheur que sont ses concitoyens.
Mais où sont passées, trois mois après, ces mêmes belles âmes réunies au sein de la confrérie des pleureuses inconsolables ? Pourquoi se font-elles subitement aphones face au drames des insuffisants rénaux obligés de gaspiller ce qu’il leur reste de dernière énergie, pas pour vivre, mais pour réclamer que les hôpitaux publics camerounais leur offrent le moindre soin.
Le spectacle des malades d’insuffisance rénale manifestant devant ce qui n’est plus pour eux que de grands jolis mouroirs, tout ce qu’il y a de futuristes, mais que des esprits pudiques osent toujours appeler tantôt “CHU de Yaoundé“, tantôt “Hôpital Général de Yaoundé”, est tout simplement décoiffant ! Mais au pays de Paul Biya, c’est à peine si ce n’est pas plutôt naturel.
On en est même à se demander si ce n’est pas grâce à la magnanimité légendaire du président national de la République du Rdpc que l’armée professionnelle anti-“agenda secret” n’a pas encore tiré et tué quelques-uns de ses malappris qui veulent « déstabiliser les institutions étatiques » que conduit avec bonheur le très éclairé guide Nnom-nguilien.
Je n’ai rien dit !



