Jugé depuis 2021 pour le meurtre en 1987 de Thomas Sankara, une requête pour 30 ans de prison a été demandée ce 8 février à l’encontre de Blaise Compaoré par les procureurs militaires.
L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, risque une longue peine de prison s’il est reconnu coupable du meurtre du leader révolutionnaire Thomas Sankara, après que les procureurs militaires ont réclamé 30 ans de prison pour ce crime. Le procès de Compaoré, qui a débuté en octobre 2021, intervient alors que le Burkina Faso est en proie à un nouveau coup d’État militaire depuis le mois dernier.
Le mis en cause est le grand de ce procès. Installé en Côte-d’Ivoire depuis 2014, Blaise Compaoré a pris la nationalité ivoirienne sans doute pour se mettre à l’abris des conséquences de ses erreurs et crimes. C’est sans compter la détermination de la famille Sankara à rendre justice à la mémoire du Che Guevarra Africain. « Nous demandons au tribunal de rendre justice aux familles. Nous ne voulons pas nous venger, nous demandons simplement la justice », a confié Prosper Farama, l’avocat de la famille Sankara. Accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, de dissimulation de cadavre et de complicité de meurtre la condamnation de Compaoré par contumace est requise.
Quatorze personnes sont accusées dans ce procès, dont douze ont comparu devant le tribunal. Les procureurs ont requis 30 ans de prison pour le commandant de la garde présidentielle de Compaoré, Hyacinthe Kafando, qui est accusé d’avoir dirigé le groupe d’intervention. Une peine de 20 ans est également requise pour Gilbert Diendere, l’un des commandants de l’armée lors du coup d’État de 1987, qui purge déjà une peine de 20 ans pour une autre tentative de coup d’État militaire en 2015.
Sankara a longtemps été vénéré par les révolutionnaires africains. Du haut de ses 33 années d’âge, il avait libéré son pays de l’impérialisme et du colonialisme en prenant le pouvoir à la suite du coup d’état de 1983.Il préconisait des réformes radicales pour aider les pauvres. Malgré son optimisme, Sankara et 12 de ses associés ont été abattus par un commando le 15 octobre 1987, au cours d’une réunion. Le coup de force avait conduit à l’accession de Blaise Compaoré au pouvoir. Après 27 années de règne il a été déposé à la suite des manifestations populaires en 2014.



