Au Cameroun, de nombreux enfants meurent tous les ans des suites du cancer pédiatrique en raison du faible diagnostic de cette pathologie pourtant curable selon les spécialistes. Regard sur les mesures à prendre pour être à l’abris de ce danger permanent.
Le Cameroun enregistre entre 800 et 1000 nouveaux cas de cancer chez l’enfant tous les ans selon des récents chiffres. L’ampleur de la maladie est toujours un peu plus importante pour cette tranche de la population et représente d’ailleurs 1% des cancers de l’adulte. Même si le doute est permanent sur ses causes profondes l’origine de ce danger peut souvent être liée à des prédispositions génétiques chez les enfants « Il y a effectivement des maladies héréditaires qui peuvent être à l’origine d’un cancer. Mais ils ne représentent que 5 à 10% de tous les cancers confondus de l’enfant », précise le Pr Angèle Pondy, Pédiatre oncologue. La spécialiste reconnait que le personnel médical peut dans certain cas être pointé du doigt. « La plupart des symptômes du cancer de l’enfant sont comme des symptômes des maladies banales. Une leucémie va se présenter comme si c’était un paludisme ; un soignant va aussitôt déduire un paludisme grave, une fièvre typhoïde, et c’est bien après qu’on se rendra compte, et peut être trop tard, qu’il s’agissait d’un cancer ».
La prévention n’étant pas envisageable, les spécialistes s’accordent pour dire que le diagnostic précoce est la voie royale pour combattre efficacement le cancer chez l’enfant. La célébration le 15 février 2022 de la journée dédiée au cancer chez l’enfant a été l’occasion pour le Pr Angèle Pondy de réitérer ce message à l’endroit du personnel médical « Lorsque vous avez déjà traité un malade une fois, deux fois, effectué des transfusions (à l’écart de deux mois) et que ça ne va pas, il faut l’amener vers un spécialiste, notamment un pédiatre qui peut penser à ces maladies là qui ne sont pas difficiles à diagnostiquer. Lorsqu’on remarque des masses abdominales ou des masses au niveau de la bouche, il est essentiel d’effectuer des prélèvements pour être sûr qu’il ne s’agit pas des cellules anormales qui se multiplient », renseigne le Pr Angèle Pondy.
Ces cellules anormales apparaissent généralement dans la même tranche d’âge chez les enfants, 5 ans notamment. A ce moment les enfants sont maladifs avec des symptômes de paludisme, de typhoïde entre autres qui peuvent en réalité être une leucémie non identifiée qui couve et consume graduellement l’organisme du jeune enfant. Le diagnostic rapide, qui a l’avantage d’alléger le cout du traitement, d’écourter sa durée, est le principal moyen d’assurer totale guérison à l’enfant. Dans le même temps, la spécialiste déplore le fait que l’absence des plateaux techniques adaptés est un frein pour la guérison de certaines formes de cancer chez les enfants.











