Le spectacle de ce petit film qu’on vient de servir aux Camerounais, mettant en scène l’ambassadeur de France au Cameroun et le président sortant du Cameroun, est un véritable bijou de technologie où on peut retrouver un concentré de toutes les dernières innovations de Hollywood en matière de manipulation d’images.
Cette production unique de l’empire Français n’a pas laissé les Camerounais indifférents. En effet, la galaxie patriote, celle-là même qui avait pris d’assaut l’ambassade de France à Yaoundé, est dans une jubilation fantasmagorique. Certains d’entre eux exigent même que ce jour-là devienne un jour férié. Bref, on n’est pas loin du fameux « Paul Biya est dans l’avion » de Nfame Ndongo. Pendant ce temps-là les Camerounais du changement voient en cela une réaction mal fagotée de la France vis-à-vis de la pression qu’exerce le 3ème Président du Cameroun, Maurice Kamto.
Je suis plutôt du même avis que les Camerounais du changement sinon comment expliquer, comment comprendre, qu’un Français, récemment arrivé au Cameroun, c’est-à-dire ne connaissant pas très bien la forêt Africaine, a pu réussir à débusquer un président Camerounais ? Un président que même les plus fins chasseurs de l’Afrique centrale n’arrivaient même pas à localiser jusqu’alors.
Certains le croyaient à Nvogmeka, d’autre l’imaginaient sous perfusion dans son hôtel de Genève, alors que le Président était tout simplement en plein tournage d’un petit film à Étoudi, avec son partenaire de toujours, l’ambassadeur de France. Il faut dire qu’en plus de la guerre, le Cinéma fait partie des dernières nouvelles passions du vieux Président. Cet ambassadeur est un chasseur élégant car il semblerait qu’il ait remis immédiatement le rat dans son trou, comme une invitation à une réouverture de la chasse : Le Président Camerounais est donc à nouveau introuvable. Une élégance à laquelle le sérail essaye de palier en faisant de Paul Biya un artificier des décrets. Plusieurs décrets ont été signés en série, à la Kalachnikov.
En tout cas, la France, par cette manœuvre, vient de réaliser, à sa manière, le fameux challenge de « Pa’a Kamto » :« Pa’aKamto dit VA, moi je VA ». En effet, le président Maurice Kamto a appelé le corps législatif camerounais à déclarer un poste présidentiel vacant et immédiatement, les Français sont entrés en studio avec leur meilleur élève en rédaction de compte rendu, pour faire un film. En fait c’est comme si Maurice Kamto, en prestidigitateur hors normes, venait de faire jaillir Paul Biya, tel un pigeon blanc de ce petit film qui fait office de mouchoir de magicien.
« J’ai reçu du peuple Camerounais un mandat clair, que j’entends défendre fermement, jusqu’au bout».
Cette déclaration de victoire du Président Maurice Kamto en 2018, prend tout son sens aujourd’hui quand on observe la débandade générée par cette pression qui résiste au temps et qui se déploie gentiment, silencieusement, sans violence apparente, doucement, mais avec une force, savamment calculée.
La morale de cette histoire c’est que l’usurpation, qui est une activité criminelle favorite du sérail, va sérieusement battre de l’aile au Cameroun car en sifflant la fin de cette recréation, Maurice Kamto avertit les Camerounais, que dorénavant, il ne suffira plus simplement de déclarer par exemple qu’on est le chauffeur d’une voiture, mais il faudra pouvoir bien la conduire sans entrainer les voyageurs dans un champ de sissonghos.
Douala Ngando

