Il faut rappeler, pour bien comprendre cet article, que Samuel Wazizi était un journaliste qui a été arrêté parce qu’il disait la VÉRITE sur la guerre dans le NOSO et non parce qu’il était terroriste. Il faut aussi rappeler que le régime de Yaoundé est allergique à la VÉRITE au point où elle réserve à ceux qui tiennent à dire la vérité la prison, l’exil ou la mort. Vous comprenez donc notre inquiétude pour ces trois hommes, grands soutiens des barbaries du régime, par rapport à leur vérité sur la mort de Wazizi.
Depuis que la milice du régime de Biya, faction de l’armée Camerounaise, a confirmé la mort de Samuel Wazizi, les Camerounais sont parcourus par un courant d’évènements miraculeux qui se succèdent les uns les autres. D’abord, cette milice n’a pas adressé une once de condoléance ou d’excuse à la famille de Samuel Wazizi. Deuxièmement, la réaction du peuple Camerounais a été d’une exemplarité miraculeuse : Zéro réaction, comme si les tueries du régime criminel de Yaoundé ne pouvaient plus faire frémir même la plus légère des feuilles de bananier. Le troisième miracle est la confirmation du président par intérim officiel du Cameroun, un certain Guilhou, que les grands journalistes Camerounais ont salué et qui s’est précipité sur les micros de la télévision nationale pour promettre aux Camerounais la dernière des 237 mille et 38 enquêtes indépendantes de l’ère Biya. En bref, la mort du journaliste Wazizi a cette particularité de rincer les yeux des aveugles, de délier les langues fourchues et surtout de sortir des bacs à huile de sardines des têtes qui s’y étaient enfermées comme des damnées de la saumure.
C’est cela qui peut expliquer ce qu’on peut considérer pour l’instant comme le plus grand des miracles, à savoir la sortie paradoxale de 3 mousquetaires du régime de Yaoundé qui se sont livrés à un jeu de poker dont l’issue est totalement imprévisible. En effet, Okalia Bilai, Banda Kani et Adamou Koupit se sont illustrés tous les trois par leur condamnation du régime de Yaoundé alors qu’ils sont les agents de premier choix du régime :
- Le chef de terre, Bernard Okalia Bilai, déclare que :« seul Yaoundé peut parler de ce qui est arrivé à Wazizi. Ce dernier a quitté Buea en bonne santé et il ne sait pas ce qui lui est arrivé à Yaoundé ». La justice pour Wazizi doit prévaloir. Une gifle pour le régime de Yaoundé.
- Le président du NMP/RDPC, Banda Kani déclare que: «On ne peut accepter qu’un être humain perde sa vie d’une manière aussi facile parce que torturé par les autres, et quel que soit le motif». La justice pour Wazizi doit prévaloir. Une désertion pour le régime de Yaoundé.
- Le député de l’UDC, l’allié légendaire du RDPC, Adamou Koupit déclare: «La communication du MINDEF était précipitée, légère et je pense même à la limite provocatrice». La justice pour Wazizi doit prévaloir. Une trahison pour le régime de Yaoundé.
Ces trois agents du RDPC ont en commun 3 caractéristiques, en rapport avec la mort de Wazizi :
- Ils sont tous les trois de grands diplômés de la plongée en eaux troubles, avec une spécialisation en natation dans l’huile de sardine. Ce qui les faisait dire et je résume : « On ne peut pas parler avec ces terroristes, il faut les massacrer et les tuer jusqu’au dernier ».
- Ils ont encouragé le régime de Yaoundé, à coups de publicité et de discours, à tuer les Camerounais anglophones sous le motif qu’ils ont pris les armes contre l’état, confirmant ainsi que lorsqu’on est imbibé d’huile de sardine on oublie que l’Etat c’est le peuple et que brandir l’arbre de la paix ne constitue en rien une arme face à une armée nationale.
- Ils savent tous les trois que le régime n’aime pas qu’on dise la vérité sur ses agissements et encore moins qu’on les incrimine. Ils savent également que le tarif pour ce genre de comportement c’est la prison ou la mort.
Ce sont donc ces attributs qui nous interrogent sur les réelles motivations de ces trois aventuriers de la survie car ils s’exposent aux brutalités du régime qui peut aboutir aux mieux à leur incarcération et au pire à leur assassinat. En effet, les Camerounais se posent des questions. Ces agissements :
- Confirment-ils l’anéantissement de leur mentor qui ne ferait plus peur à une mouche ?
- Sont-ils un signe de ralliement à la cause des camerounais, défendue par le courant du mouvement impulsé par Maurice Kamto, Akere Muna, Mota, Penda Ekoka, Yondo Black, Maman Alice Nkom, etc ? Si oui, ce sera un véritable retournement de veste.
- Représentent-ils une tentative tardive pour se procurer un argument solide qui pourra servir à sauver son scalp dans ces grands moments qui caractérisent l’atmosphère quand le vent tourne.
Ce miracle est un signe précurseur. En effet, comme le tribunal estime, comme le gouverneur de province, que Samuel Wazizi était en bonne santé quand il a quitté la région du sud-ouest et comme la famille et les Camerounais exigent désormais le retour du corps, il faut s’attendre à d’autres miracles. Il n’est pas exclu que l’électrochoc de la mort de Wazizi ne finisse par réveiller un monarque que la Francafrique a tenté de ressusciter à plusieurs reprises sans succès.
En attendant, seul le temps nous dira si le retournement de veste de ces trois mousquetaires qui s’apparente à une escapade sur les crêtes abruptes du Kilimandjaro, va sauver leur peau.
Ngando.

