…On ne serait pas étonnés de voir l’un d’eux, la prochaine fois, se mettre à vomir ses tripes sur le tapis rouge… dans un pays étranger, ou se déshabiller carrément lors d’un dîner officiel, et pourquoi pas, faire du “solide-mou” dans son pantalon lors d’un discours de bienvenue à un dirigeant étranger.
On eut pu ranger ces événements dans le registre des dégueulasseries dont la chronique des faits divers gave généralement les amateurs d’insolites croustillantes. Mais compte tenu de l’importance que revêtent ces personnalités pour leurs peuples dont ils sont les principaux symboles de leurs pays, le tragique de la situation impose méditation profonde
On a encore frais dans les mémoires Paul Biya manquant de tomber sur le perron de l’Elysée en France et se faisant soutenir par des éléments de la garde présidentielle française. Des manifestations plus qu’éloquentes de l’extrême souffrance de cet illustre serviteur de l’Etat qui n’avait même pas 30 (trente ans) quand il a été appelé au service du Cameroun par son illustre prédécesseur, et qui, parce qu’il affleure aujourd’hui les 90 balais mérite de se reposer et de jouir des fruits de son dur labeur. Hélas !, ceux qui s’activent pour lui faire endosser la responsabilité d’une huitième candidature à l’élection présidentielle de 2025 –il aura alors 92 ans et la remportera haut la main compte tenu de modus operandi électoral en vigueur dans les républiques banania d’Afrique centrale- n’en ont guère conscience. A contrario, ils peuvent toujours se livrer à l’envi à des exercices aussi insipides qu’ignominieux d’apologético-exégèse (l’auteur de ces lignes n’a aucune intention de laisser à Owona Nguini le monopole de la “gromologie”) sur les bafouillages présidentiels qui ont pourtant sérieusement inquiété le monde entier et profondément attristé et humilié les Camerounais en décembre dernier à Washington.
On voit et sent l’insensibilité de ces opportunistes sans cœur dans les tribunes qu’ils publient sur les réseaux sociaux, en accusant de crime d’exagération tous ceux qui, le 12 décembre 2022, ont vu le président camerounais perdre spectaculairement la mémoire en démontrant à la face du monde entier qu’il ne savait même pas pourquoi il se trouvait devant des auditeurs ou qui ils étaient. Hilarant ? Que non ! Coutumier du fait, le “bien aimé” président à vie du Cameroun montre de plus en plus des signes faiblesse. Comme le fait de ne pas entendre ce que lui disent ou demandent ses interlocuteurs. En janvier dernier, il mendiait l’aide de son jeune homologue français en visite au Cameroun, pour saisir les questions des journalistes. Pis encore, il ne savait même plus combien d’années de son actuel septennat il avait déjà passé depuis sa septième “réélection” en 2018. L’année d’avant il s’était fait distinguer par son “Do you understand me ?” devenu viral sur les réseaux sociaux.
On n’a pas oublié Ali Bongo manquant lui aussi de se ramasser, mais sauvé de justesse par son homologue français, Emmanuel Macron ou livrant une bataille épique à son pied droit en février dernier à Bruxelles. Et dire que malgré tout ça, le végétatif zézayeur-en-chef du palais du bord de mer qui louche plus qu’il ne regarde ou voit n’accepterait pas pour tout l’or du monde d’abdiquer. Non ! Dès qu’il s’agit d’abandonner le pouvoir, le gars et son clan reprennent des forces.
Sept ans auparavant, en 2015, c’est Robert Mugabe qui tombait de tout son long après un discours triomphal à Harare suite à sa désignation par ses pairs à la présidence en exercice de l’Union Africaine.
Mugabe avait raté une marche à sa descente de l’estrade sur laquelle il avait prononcé son speech et était tombé. Une évidence plus que niaise. Mais l’un de ses ministres, Jonathan Moyo qui s’était manifestement mis des œillères affirmera dans le quotidien gouvernemental The Herald que « Pour être honnête, même Jésus aurait trébuché dans ce genre de situation, et vous aussi”. Avant d’ajouter, mythomane : « Ce qui est arrivé, c’est que le président a trébuché sur une bosse du tapis sur l’une des marches du podium alors qu’il descendait, mais il a remarquablement réussi à amortir sa chute. Je répète : le président a réussi à amortir sa chute ». Deux ans plus tard, c’est l’épouse de Mugabe, Grace, qui défrayait la chronique en répliquant aux opposants zimbabwéens qui estimaient son époux trop vieux pour briguer de nouveau la magistrature suprême du pays que même mort et enterré, le vieux leader allait remporter les élections… et gouverner. Dieu merci, Des militaires conscients de leurs responsabilités, prirent en pitié le “sémillant” Bob et organisèrent un coup de force pour mettre fin à sa dictature sénile.
Et maintenant, c’est le “jeune” Salva Kiir du Sud-Soudan, 71 ans depuis septembre dernier qui confond allègrement une place de cérémonie officielle avec son pot de chambre.
Comme bon nombre de ses homologues, il n’est pas, bien entendu, capable de se dessaisir du siège présidentiel pour l’un de ses compatriotes jouissant encore de ses facultés psychosomatiques.
Nos chefs d’Etat étant plus capables du pire que du meilleur, on ne serait pas étonnés de voir l’un d’eux, la prochaine fois, se mettre à vomir ses tripes sur le tapis rouge lors d’une réception dans un pays étranger, ou se déshabiller carrément lors d’un dîner officiel, et pourquoi pas, faire du “solide-mou” dans son pantalon lors d’un discours de bienvenue à un dirigeant étranger.
Des situations d’une haute intensité tragique qui apparaitront alors comme une punition venue du ciel aux yeux de leurs compatriotes, souvent torturés à l’électricité dans les centres de répression (services spéciaux, commissariats, brigades de gendarmerie et autres camps militaires), jusqu’à ce qu’ils défèquent, par des policiers et militaires à la solde de ces puissants malades, pour avoir contesté les régimes de droit divin qui prennent en otage les peuples d’ici et d’ailleurs.



