Pays qui a plus de bars et d’églises que d’écoles ou hôpitaux, où les ministres sont plus riches que les ministères qu’ils administrent, pays tribaliste où la tribu du président contrôle l’armée et l’administration, où les routes sont goudronnées sur papier, où les enseignants ont parfois des années d’arriérés de salaires.
Quelques mois avant El Hadj Diouf et la citoyenne camerounaise Appolonie Ngono (qui s’est fait interpeller –quant à elle- pour avoir dit ses quatre vérités (ou plutôt les vérités que les Camerounais ont peur de dire) au maire de la capi…sale de leur “beau pays”, c’est la plateforme Quora qui avait servi de tribune en octobre dernier à un activiste des réseaux sociaux, qui plus qu’à son tour ne s’était pas fait prier pour déféquer en règle sur le berceau de nos ancêtres. Un “berceau de nos ancêtres” confisqué par des sangsues malignes depuis le départ en 1982 de l’ingénu Ahmadou Ahidjo, un pauvre bougre d’homme d’Etat digne de ce nom et comme on n’en trouve plus de nos jours (Qu’il est loin le temps des Léopold Sédar Senghor du Sénégal -le premier dirigeant africain à quitter volontairement le pouvoir en 1980-, “Mwalimu” Julius Nyerere de Tanzanie qui emboita le pas à Ahidjo en 1985, Amadou Toumani Touré du Mali en 1992, Général Liamine Zéroual d’Algérie en 1999, Hassan Gouled Aptidon de Djibouti en 1999, “Madiba” Nelson Mandela d’Afrique du Sud toujours en 1999, France-Albert René des Seychelles en 2004, Joachim Chissano du Mozambique, en 2005, et dans une certaine mesure, Jose Eduardo dos Santos d’Angola en 2017) qui pensait que même la simple fatigue était incompatible avec la notion de haute charge d’homme d’État(*).
(*) Il faut dire que la théorie de Ahmadou Ahidjo basée sur le sens des responsabilités des hommes appelés à gouverner leurs semblables s’est révélée avec le temps, d’une inénarrable “imbécilité”, copieusement, littéralement et brutalement démentie qu’elle aura été, par la réalité des “hommes forts” nouvelle génération, présentés à hue et à dia par leurs thuriféraires et les profito-situanistes qui écument leurs entourages comme étant capables de diriger brillamment les affaires de leurs pays fut-ce d’une main de coton depuis leur cercueil, ou hémiplégique couchés dans un lit d’hôpital, pour ne parler que de ces cas, l’évocation d’autres pouvant conduire leur auteur directement « au village de si je savais » si cher à au ministre camerounais chargé des menaces et de la répression des libertés publiques.
On a encore en mémoire le cas d’un ancien président d’un pays voisin du Cameroun incapable depuis cinq ans de tenir debout cinq minutes consécutives, qui avait quand même la prétention de diriger un pays de plus de deux millions d’hommes et de femmes valides aussi bien physiquement qu’intellectuellement, ses courtisans postulant à l’appui de cette démarche insultante qu’« en Afrique, on n’abandonne pas nos malades à leur sort comme en le font les Occidentaux et leurs suppôts dégénérés d’Afrique ». Pour un peu, ils se déclaraient tous russophiles et poutinistes comme c’est la mode désormais en Afrique où les dictateurs deviennent tous des panafricanistes fieffés et des anti-occidentalistes de la 25ème heure. Heureusement, l’armée est intervenue pour dégager l’impotent qui venait de remporter l’élection présidentielle à une majorité étonnamment imparable. Au grand bonheur des populations qui célébraient bruyamment les putschistes au détriment de celui qu’ils venaient de « réélire brillamment ». Des années en arrière, soit en 2017, la disgracieuse Grace Mugabe, épouse du ci-devant premier président du Zimbabwe avait tenu à “rassurer” les idiots de Zimbabwéens qui en avaient après le règne infini de son nationaliste-patriote-panafricaniste-tortionnaire d’époux, que même dans la tombe, ce dernier -alors âgé de 92 ans- qui s’effondrait, somnolait ou s’allongeait à tous les coups, gagnerait l’élection présidentielle prévue pour l’année d’après. Les destinataires de sa saumâtre galéjade n’avaient pas d’autre choix que de se le tenir pour dit, jusqu’à ce que l’armée zimbabwéenne, une fois n’est pas coutume, décide de prendre ses responsabilités et mette fin à la sénile comédie, précipitant de son démiurgique piédestal pour le ramener au rang de mortel notre brave héros de la guerre d’indépendance contre les Blancs racistes de la Rhodésie du Sud et non moins donneur d’ordre des massacres du Matabeleland dont son véritable tombeur et désormais successeur, Emerson Mnangagwa, fut le loyal exécu(teur)tant.
Alors à la lecture de la petite pique ci-après, on a l’impression que son auteur suggère aux Camerounais (citoyens lambda, politiciens, société civile, armée, police, syndicalistes, travailleurs, chômeurs, riches, pauvres, journalistes, familles des victimes de la répression… sans distinction d’ethnies ni de classes sociales, de faire l’effort qu’il faut pour se débarrasser de ces satanées puces qui lui prennent beaucoup trop de sang et le vident chaque jour de sa substance.
En tout cas lisez la réponse de Eric Roger à la question : « Pourquoi les-Camerounais disent que le Cameroun est un continent alors que c’est un pays ? »
« Parce que le Cameroun est unique.
Tellement unique que la réalité camerounaise n’est même plus comparable à l’Afrique.
Le Cameroun est un cas curieux et unique. C’est l’un des seuls pays en Afrique qui n’a eu que 2 présidents depuis son indépendance.
Pays horriblement corrompu dans tous les secteurs de l’économie et de la vie quotidienne.
Le problème c’est que les camerounais savent ce qui se passe, mais ils ont malheureusement jeté l’éponge.
C’est un pays qui a plus de bars et d’églises que d’écoles ou hôpitaux. Pays où les ministres sont plus riches que les ministères qu’ils administrent. Pays tribaliste où la tribu du président contrôle l’armée et l’administration. Pays où les routes sont goudronnées sur papier, pays où les enseignants ont parfois des années d’arriérés de salaires.
Vous me direz mais c’est presque partout pareil en Afrique… ben je vous dirais allez vous même au Cameroun et vous comprendrez comment une société peut être pathologiquement incurable. Bienvenue au Cameroun. Un pays de merde. »
Source : Quora
Source illustration : Equinoxe



