L’image la plus frappante de cette mobilisation de la Presse camerounaise contre l’injustice notoire du régime devant la situation du journaliste Samuel Wazizi, c’est le traitement infligé à la journaliste Annie Payep à Douala. Membre de la section littoral du Syndicat National des journaliste du Cameroun, elle a été prise à partie par des policiers en tenue et en civil venus empêcher la manifestation qui se tenait à la place du gouvernement à Bonanjo (Douala).
Elle a été violemment dépossédée de son téléphone, de son gilet de presse et soumise à un interrogatoire musclée auquel la journaliste à tenu tête, avant que les hommes en tenues ne se voient contraints de lui restituer ses effets.
A Yaoundé, au Ministère de la Communication, à Douala et Buéa, devant les services de gouverneurs, les hommes de médias se sont effet mobilisés dans la matinée du 9 juin pour réclamer la Justice pour leur confrère. Suite logique d’une annonce du syndicats des journalistes SNJC et CAMASEJ relative à la constitution d’un collectif « JUSTICE FOR WAZIZI ». Le collectif, exige la constitution d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur la mort du journaliste. Le courroux de la Presse réside surtout dans le fait que par la voix de Cyrille Atonfack, le porte-parole de l’armée camerounaise, l’opinion camerounaise a été informée que Samuel Wazizi n’est pas un journaliste, mais plutôt, « un logisticien au service des groupes terroristes engagés dans la crise anglophone.» Entre les lignes du communiqué à ce sujet il précise qu’après l’arrestation du journaliste le 2 août à Ekona, dans le sud-ouest du pays, Samuel Wazizi avait été transféré pour exploitation au service central de recherche judiciaire à Yaoundé.
Seulement, ce procès a été reporté un peu plus de 14 fois et depuis dix mois, personne n’avait plus de nouvelles du journaliste. « Il n’a jamais été présenté devant la justice », a assuré son avocat, Me Lyonga Ewule, qui a dit avoir tout fait pour rencontrer son client, en vain. Dans un rapport publié le 3 juin dernier, l’ONG Reporters sans frontières renseigne que Samuel Wazizi était « détenu au secret », « en dehors de toute procédure légale ».
Le journalistes restent déterminés à réclamer la Justice malgré les brimades du régime Biya qui cause résolument incessamment du tort à la Presse au Cameroun. On se souvient qu’à ce jour deux journalistes sont en détention illégale. Paul Chouta incarcéré au motif d’une accusation peu solide ne devait pourtant aller au-delà de 6 mois en est au 12 eme mois sans qu’il ait été proprement jugé. Le journaliste Sébastien Ebala , arrêté pour des raisons sensiblement analogues est également en détention depuis le vendredi 17 avril, sans mandat par des agents de la Division de la Sécurité Militaire.

