Cameroun : les enseignants observent une grève perlée

Cameroun : les enseignants observent une grève perlée

Consternés des mauvaises pratiques salariales à leur égard, des enseignants du secondaire observent depuis ce 21 février 2022 un mouvement de grève sur l’étendue du territoire.

« OTS », entendez « On a trop supporté », voilà le triptyque qui accompagne chacun des messages d’indignation des enseignants du secondaire au Cameroun relayé quasiment sur toutes les plateformes digitales. Il renvoie surtout à un mouvement des enseignants du secondaire qui ne contiennent plus leur colère en raison de certaines mesures prises par l’Etat. Dans le même temps, des enseignants se sont privés de dispenser des cours comme d’accoutumée aux apprenants dans la plupart des lycées du Cameroun pour dénoncer le « manque de volonté du gouvernement à trouver une issue favorable à nos réclamations », apprend un communiqué relayé par le mouvement OTS le 18 févier dernier. Il nous revient en effet que depuis l’an 2012, 1/ 3 du salaire des enseignants du secondaire est retenue à la source par un système mis en place spécialement pour eux.

En clair, ils ne perçoivent pas depuis leur prise de fonction la totalité de la somme qui leur est réservée tous les mois. Alors que leurs salaires sont déjà imputés de l’impôt, le valeur de 1/3 retenue est remise aux enseignants après une période décidée par la tutelle. Lorsque l’État décide finalement de payer ce reste retenu, une taxe allant jusqu’à 15% est prélevée sur le rappel des impayés accumulés. C’est sans compter le système de siphonage mis en place par certains employés véreux du MINESEC, qui facturent l’accélération de ce processus de complément de salaire et d’obtention du rappel à 20% de celui-ci.

Après des échanges sur a question le 18 février avec le Secrétaire général de la primature, Séraphin Magloire Fouda, les enseignants sont restés sur leur faim, d’où la grève lancée de 21 février 2022 « Nous observons la grève les journées de lundi, mardi et mercredi et si rien n’est fait on ajoutera une journée de plus pour la semaine d’après et ainsi de suite jusqu’à ce que les résolutions satisfaisantes soient prises et rendues publiques ». Le mot d’ordre est largement suivi depuis ce lundi. Il s’agit notamment pour chaque enseignant de « Se rendre dans son établissement, de s’abstenir de dispenser des leçons, de papoter avec les collègues sous l’arbre dans la cour ou au parlement, de maintenir l’ordre auprès des élèves au besoin, de lire et commenter les dispositions de la Loi du 5 décembre 2000 portant statut particulier des fonctionnaires des corps de l’Education nationale, de retourner chez soi après les heures dues », renseigne le mot d’ordre rendu public le 18 février. Parce qu’ils se disent résolus à exiger ce qui leur revient de droit, « ces actions seront observées jusqu’à ce que nos créanciers arrivent à de meilleurs sentiments », peut-on lire entre les lignes du document signé par des enseignants disséminés dans plusieurs régions du Cameroun. Le gouvernement n’a pas officiellement réagi à la suite de l’opération baptisée « Craie morte », c’est dire si elle est prête de prendre fin.

Facebook Comments
Leave a comment

Send a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *