Les affrontements mercredi 19 mai 2021 entre les combattants des organisations terroristes rivales ISWAP (Islamic State West Africa Province) et Boko Haram auront été d’une intensité telle que le leader de la seconde a craint pour sa vie ou d’être arrêté.
Cameroonvoice a appris ce jeudi 20 mai que la veille, la tristement célèbre crapule qui terrorise les sous-régions Afrique de l’Ouest et Centrale, s’est retrouvée prises au piège des terroristes de l’”Etat islamique de la Province d’Afrique de l’Ouest” (ISWAP), qui avaient réussi à l’encercler ainsi qu’ un bon nombre de ses hommes, dans leur forteresse de la forêt de Sambisa, d’où ils partent pour mener leurs attaques.
Abubakar Shekau tombe le masque du banal criminel
Pour ne pas tomber entre les mains ennemis ou y succomber le criminel qui dit lutter pour la cause d’une religion qui proscrit fermement le suicide et voue à l’enfer éternel sans autre forme de procès ceux qui s’y adonnent quelle(s) soi(en)t leur(s) motivation(s) a tenté de se donner la mort en se tirant dessus au niveau de la poitrine.
A en croire une source proche du mouvement terroriste qui a assisté à la tentative de suicide, l’épuisement et la panique de Shekau auront pesé dans le fait qu’au moment d’appuyer sur la gâchette, le canon de son arme pourtant posé sur sa poitrine s’est porté un cran considérable plus haut de sorte qu’au moment de la déflagration, la balle se serait plutôt logée dans son épaule gauche et l’aurait traversée, le laissant dans un état plus proche de la mort que de la vie.
Selon une source de nos confrères de l’AFP, Abubakar Shekau aurait plutôt activé des explosifs à l’endroit où il se trouvait pris au piège avec ses hommes, l’idée étant certainement comme cela est de coutume chez tout terroriste qui se respecte, que ses assaillants et lui, ainsi que ses hommes, y passent tous, plutôt que de subir le calvaire d’une capture.
Ce jeudi, des journaux au Nigeria ont annoncé la mort du terroriste dont les exactions ensanglantent sans cesse les pays du bassin du Lac Tchad (Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun…) depuis 2009. Mais il devient difficile de croire à ce type d’annonces, car plusieurs fois, des sources très crédibles, médiatiques ou militaires ont annoncé son décès, et par la suite on a constaté qu’il n’en était rien.
Des observations -certes loin de faire autorité, mais qu’il ne serait pas raisonnable de balayer d’un revers de la main- pencheraient pour le fait que l’annonce même de la débâcle et des graves blessures de Shekau participent d’un stratagème visant à se faire oublier un peu et, en revanche, à mettre en orbite les rivaux de l’ISWAP qui se retrouveraient l’unique préoccupation des forces croisées de la sous-région qui, ces dernières années, combattent à la fois les combattants de Boko Haram et à ceux de l’ISWAP créé, il faut le rappeler, à la suite d’un schisme au sein de l’organisation dirigée par Abubakar Shekau.
« Tel que l’on annonce la violence des combats, si Shekau était grièvement blessé comme on le dit, surtout que les combattants rivaux de l’ISWAP connaissent bien la zone puisqu’ils y ont été longtemps avec lui avant leur rupture qui a conduit leur faction à s’installer dans la forêt d’Alagarno entre le Tchad et le Niger, il aurait été impossible, pour ses combattants dont on dit que beaucoup ont perdu la vie, d’extirper du théâtre des opérations un leader qui a tenté de se donner la mort, voulant même emporter avec lui dans sa folie suicidaire certains d’entre eux qui manifestement, ceux-ci tenaient à la vie »,
analyse Melchior Wamba, Spécialiste de Sciences Politiques (spécialité sécurité et défense), pour qui
« Shekau veut aider les autres à résoudre pour lui l’équation ISWAP, car il a perdu du terrain depuis la naissance de ce groupe il y a cinq ans, en restant confiné dans son bastion original du nord-est nigérian et subsidiairement de l’Extrême-Nord du Cameroun où l’ISWAP mène aussi sporadiquement avec succès des incursions. La preuve »

